Document stratégique pour l' implantation des récifs artificiels

PREFET DE LA REGION PREFET DE LA REGION PREFET MARITIME
PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR LANGUEDOC ROUSSILLON DE LA MEDITERRANEE
Document stratégique
pour l'implantation des récifs artificiels
Régions Languedoc Roussillon et Provence Alpes Côte d'Azur
Janvier 2012
1
AVERTISSEMENT
Dans le cadre du présent document stratégique, ainsi que dans le cadre de la
concertation qui a précédé son établissement, la définition des termes de « récifs
artificiels » est celle retenue par l'IFREMER (2000), à savoir :
« Les récifs artificiels désignent des structures immergées volontairement, dans
le but de créer, protéger ou restaurer un écosystème riche et diversifié. Ces
structures peuvent induire chez les animaux des réponses d’attraction, de
concentration, de protection et, dans certains cas, une augmentation de la biomasse
de certaines espèces »
Ainsi le champ de la présente réflexion ne couvre pas certaines catégories de
structures immergées, qui présentent également un caractère « artificiel » et qui
visent la modification du régime de la houle ou des courants côtiers dans un but, par
exemple, de lutte contre l'érosion du trait de côte ou encore de développement
d'activités de loisirs tributaires des vagues ou des courants marins.
2
Sommaire
Introduction..........................................................6
Le contexte de la démarche.............................................................6
La nécessité d'une doctrine à l'échelle de la façade maritime.....7
La méthode d'élaboration du document stratégique....................9
Présentation du document stratégique........................................11
1 - État des lieux des implantations de récifs
artificiels.........................................................13
1.1 - Distribution des récifs...........................................................14
1.2 - Caractéristiques techniques.................................................16
1.2.1 - Modules et matériaux....................................................................16
1.2.2 - Objectifs des récifs implantés........................................................17
1.2.3 - Occupation du domaine public maritime.......................................18
1.2.4 - Sites d’immersion .........................................................................20
I.3. - Modalités de gestion mise en place......................................21
I.4. - Suivis mis en place................................................................22
2 - Doctrine et orientations stratégiques........25
2.1 - Éléments de définition ........................................................25
2.1.1 - Typologie des objectifs des récifs artificiels..................................25
2.1.2 - Gestion d’un site de récifs artificiels..............................................27
2.1.3 - Suivi d’un récif artificiel..................................................................28
2.1.3.1 - Nature et objectif du suivi..................................................28
2.1.3.2 - État zéro............................................................................30
2.1.3.3 - Sites témoins.....................................................................30
2.1.3.4 - Référentiels existants à plus grande échelle....................30
2.2 - Éléments d’appréciation des projets..................................31
2.2.1 - Appréciation des objectifs du récif .......................................31
2.2.2 - Appréciation de la localisation de l’immersion..............................33
2.2.2.1 - Prise en compte de l’environnement du site d’implantation
..........................................................................................................33
2.2.2.2 - Conditions d'implantation au sein des aires marines
protégées..........................................................................................34
2.2.3 - Appréciation des caractéristiques techniques...............................37
2.2.3.1 - Motivation des choix de conception..................................37
2.2.3.2 - Nouvelles immersions sur des sites existants..................37
2.2.3.3 - Capacité de réversibilité des immersions effectuées.......38
2.2.4 - Appréciation de la gestion proposée .........................38
2.2.4.1 - Organisation de la gestion................................................39
2.2.4.2 - Acteurs de la gestion.........................................................39
2.2.4.3 - Modalités d'encadrement des usages..............................41
3
2.2.5 - Durée de concession......................................................................41
2.3 - Obligations définies par le titre d'occupation domaniale.43
2.3.1 - Titre d’occupation domaniale ......................................................43
2.3.2 - Durée de la concession.................................................................43
2.3.3 - Définition des objectifs....................................................................44
2.3.4 - Obligation de gestion .............................................................44
2.3.4.1 - Actes de gestion préalables à l'immersion........................44
2.3.4.2 - Désignation des acteurs de la gestion..............................45
2.3.4.3 - Présence sur le site...........................................................46
2.3.4.4 - Balisage.............................................................................46
2.3.4.5 - Modalités d'information et de communication sur les
mesures de gestion..........................................................................46
2.3.5 - Obligation de suivi.........................................................................47
2.3.5.1 - Durée du suivi....................................................................47
2.3.5.2 - Etat « zéro » et site témoin...............................................47
2.3.5.3 - Structure du suivi...............................................................47
2.3.5.4 - Modalités d'acquisition des indicateurs de suivi...............49
2.3.5.5 - Protocoles d'acquisition des indicateurs de suivi..............50
2.3.5.6 - Fréquence du suivi............................................................51
2.3.5.7 - Modalités de mise à disposition des données de suivi.....52
2.4 - Modalités de traitement de la fin de concession et
condition du renouvellement..................................................54
2.4.1 - Principe de réversibilité.................................................................54
2.4.2 - Bilan de l'immersion .......................................................................55
2.4.3 - Modalités de renouvellement .......................................................55
2.4.4 - Cas du non-renouvellement..........................................................55
2.5 - Propositions de développements issues de la réflexion
stratégique...............................................................................58
2.5.1 - Constitution d'une base interrégionale de collecte et de traitement
des données de suivi..................................................................................58
2.5.2 - Mise en réseau des animateurs de la gestion des récifs artificiels à
l'échelle de la façade maritime...................................................................59
3 - Modèle de convention d'occupation du
domaine public maritime type......................60
4 - Annexes......................................................84
4.1 - Protocoles de suivi scientifique...........................................84
4.2 - Tableau récapitulatif des procédures et formalités
applicables aux récifs artificiels, issues du Code de
l'Environnement (C.E.)............................................................87
4.3 - État des lieux des suivis scientifiques réalisés sur les
récifs existants........................................................................88
4.4 - Évaluation des coûts de gestion..........................................91
4.5 - Évaluation des coûts des suivis scientifiques...................96
4
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Introduction
Le contexte de la démarche
Depuis la fin des années 1960, le littoral français de Méditerranée a fait l'objet de
nombreuses implantations de récifs artificiels. Les récifs artificiels peuvent se définir,
et seront considérés dans ce document comme "des structures immergées
volontairement, dans le but de créer, protéger ou restaurer un écosystème marin
riche et diversifié. Ces structures peuvent induire chez les animaux des réponses
d’attraction, de concentration, de protection et, dans certains cas, une augmentation
de la biomasse de certaines espèces »
(IFREMER, 2000).
Expérimentales au départ, ces structures se sont progressivement perfectionnées, et
leur conception s'est affinée au cours des années. Ces structures ont été
implantées, dans leur quasi-totalité, par des collectivités publiques. Les motivations
de ces projets ont été des plus variées, allant du développement des connaissances
scientifiques, à la protection des zones côtières contre des activités anthropiques
(pratique du chalut par exemple), en passant par un soutien à la pérennisation d'une
activité économique de pêche côtière. Ce sont aujourd'hui 19 sites qui se
répartissent sur le littoral des régions Languedoc Roussillon et Provence Alpes Côte
d'Azur.
Ces structures sont implantées sur le fond de la mer, élément juridiquement
constitutif du domaine public maritime. L'État est directement garant en droit de
l'intégrité de ce domaine. Sur celui-ci, les occupations et les usages ne peuvent être
que précaires, et sont soumis à son autorisation. En effet, l'occupation, même
temporaire, d'une part du domaine public maritime en soustrait son usage à
l'ensemble des citoyens, au bénéfice d'un opérateur (public ou privé) particulier. De
même, l'Etat est garant de la protection, la restauration et la gestion des milieux
naturels, des espèces qui s'y développent et des équilibres biologiques associés
dans une perspective de développement durable.
Aussi, tout projet d'implantation de récifs artificiels doit-il impérativement faire l'objet
d'une analyse préalable par l'État, avant que des autorisations ne soient délivrées.
L'implantation de récifs artificiels en Méditerranée bénéficie désormais de près de 40
années d'historique. Pour autant, le retour d'expérience existant ne permet pas de
tirer des enseignements définitifs sur l'effet des implantations de récifs artificiels.
Leur implantation est initialement soutenue par les bénéfices attendus sur le milieu
marin. Si la démonstration de ce bénéfice a pu être approchée à l'échelle ponctuelIe
de quelques projets, tel n'a pu être le cas à celle de l'ensemble de la façade
maritime. Pour pouvoir démontrer leur pertinence, et les avantages présentés par
cette occupation du domaine public, au bénéfice à la fois du milieu marin et des
6
activités maritimes, les récifs artificiels doivent être suivis scientifiquement. Leur
évolution doit faire l'objet d'une analyse experte. Celle-ci doit pouvoir être comparée
d'un récif à un autre pour permettre l'enrichissement et la précision du retour
d'expérience.
Or, force est de constater que les récifs artificiels existants ne font que très
marginalement l'objet d'un suivi régulier. Lorsque celui-ci a existé, il a été souvent
ponctuel, et directement lié à un obligation afférente au financement européen du
projet. Seuls quelques cas, où existe une implication locale forte en terme de gestion
de ces structures, ont permis la mise en place d'un suivi pérenne.
La nécessité d'une doctrine à l'échelle de la
façade maritime
Fort de ces constats, la Région Languedoc Roussillon, particulièrement concernée
par le sujet du fait du nombre de projets qu'elle a soutenus financièrement, a initié
une première réflexion globale sur les enseignements scientifiques, mais aussi et
surtout économiques, à tirer des implantations de récifs artificiels existantes. Cette
réflexion s'est concrétisée en novembre 2008 par un colloque organisé par le
Cepralmar (association portée par la Région Languedoc Roussillon).
Lors de cette première rencontre, largement ouverte à l'ensemble des parties
prenantes de ce type de projets (services de l'État, collectivités territoriales,
établissements publics, établissements scientifiques, organisations socioprofessionnelles,
associations environnementales et d'usagers), avait été
collectivement exprimé le besoin de disposer d'un cadre de réflexion global et
pérenne sur l'implantation de récifs artificiels, ainsi que d'axes d'orientations en cas
de poursuite de ce type d'aménagements. 40 ans d'expérimentations progressives et
ponctuelles ont été menées. Les nouveaux projets éventuels ne peuvent plus être
considérés comme expérimentaux, mais doivent tenir compte des enseignements
acquis en ce domaine.
En matière de gestion domaniale, de gestion environnementale, comme
d'intervention financière, les services de l'État ont tenus à prendre pleinement en
compte cette évolution, portée par l'ensemble des parties prenantes du sujet.
Jusqu'alors, le traitement des demandes d'implantations s'est effectué
ponctuellement, au gré des sollicitations effectuées. Ces dossiers restant
relativement rares en nombre (comparés à la fréquence très forte de demandes de
concessions de plage, de concessions de cultures marines ou d'autorisations
d'occupation temporaires du domaine public maritime par exemple) et leur
occurrence étant peu régulière, aucune méthode systématique d'analyse n'a été
mise en place. Par ailleurs, la délivrance du titre d'occupation du domaine public
maritime étant une compétence départementale, la réflexion sur le sujet est restée
souvent cloisonnée géographiquement. Seul l'assentiment du préfet maritime de la
7
Méditerranée, élément clé de la procédure d'instruction du titre domanial, permettait
de garder une cohérence de traitement à l'échelle de la façade maritime.
La possibilité de développer une réflexion globale sur l'instruction des demandes
d'implantations de récifs artificiels s'est donc naturellement imposée. Celle-ci doit
permettre à la fois de capitaliser l'expérience acquise depuis la fin des années 60
dans la réflexion d'instruction, de ne pas réinitialiser systématiquement l'analyse de
ces dossiers, d'assurer une lisibilité globale de l'action des services de l'État dans ce
domaine, et d'harmoniser les pratiques entre services et les obligations des porteurs
de projets, de manière à développer des enseignements globaux sur la pertinence
des projets d'implantation de récifs artificiels.
La nécessité de définir un cadre d'action publique en la matière a par ailleurs été
renforcée par un double phénomène.
Les implantations de récifs artificiels existantes sur le littoral méditerranéen sont pour
la plupart anciennes. Elles ont été autorisées sur la base de titres d'occupation de
différentes formes juridiques (des évolutions en la matière ont eu lieu au cours du
temps), mais qui ont tous pour point commun d'avoir une durée limitée. Il s'avère que
plusieurs titres d'occupation concernant des récifs artificiels vont arriver à échéance
dans les 2 à 3 prochaines années. Les services de l'État concernés vont donc
devoir, dans un pas de temps relativement court, analyser et instruire la fin du titre
de concession de ces récifs et, le cas échéant, la prolongation ou non de leur
présence par le renouvellement du titre de concession. L'occurrence prochaine de
plusieurs instructions de dossiers de même nature renforce la pertinence de
développer une doctrine commune permettant de faciliter le travail des services qui
en seront chargés.
Par ailleurs, les demandes d'implantations se sont poursuivies dans la durée.
Récemment encore (2007) a été immergé à Marseille le plus grand volume de récifs
artificiels du littoral français (30 000 m3). Malgré des coûts importants, les
collectivités territoriales continuent de s'impliquer fortement financièrement dans ce
type d'aménagement. L'importance écologique de la mer et des océans a été
réaffirmée avec force au niveau national par le "Grenelle de la mer", et au niveau
communautaire par la directive cadre "stratégie pour le milieu marin". Dans cette
perspective, le récif artificiel apparaît comme un outil de génie écologique important
pour la préservation, voire la restauration, du milieu marin. De nouvelles demandes
continuent ainsi d'être formulées, essayant de poursuivre et améliorer les actions
déjà entreprises, en diversifiant par exemple les milieux d'implantations. Ces
nouvelles demandes ne peuvent être analysées sans prendre en considération les
implantations existantes. Les expériences acquises doivent être valorisées. Les
enseignements des difficultés qui ont pu être constatées sur des récifs existants
doivent donc être tirés. Le choix des nouveaux sites d'implantations doit intégrer le
dernier état des connaissances disponibles (qui s'est beaucoup développé ces
dernières années) en matière de fonctionnement écosystémique du milieu marin.
8
La méthode d'élaboration du document
stratégique
Prenant en considération l'ensemble de ces évolutions concordantes, la préfecture
de région Languedoc Roussillon a initié en décembre 2010 un processus de
réflexion stratégique sur l'implantation des récifs artificiels en Méditerranée. Afin
d'assurer la meilleure cohérence globale de cette démarche, celle-ci s'est
développée, en plein accord avec le préfet de région Provence-Alpes-Côte d'Azur et
le préfet maritime maritime de la Méditerranée, à l'échelle des deux régions
continentales du littoral méditerranéen (Provence Alpes Côte d'Azur et Languedoc
Roussillon). Cette échelle géographique prend en compte le fait que la dynamique et
le fonctionnement du milieu marin ne connaissent pas les frontières administratives,
et permet d'intégrer dans la réflexion à la fois les implantations en substrats durs
(rocheux) et en substrats meubles (sables). Enfin, elle prend en considération la
vision globale à l'échelle de la façade maritime que développe la préfecture maritime
dans la délivrance de ses assentiments à l'implantation de projets.
Cette réflexion répond aux besoins et aux attentes des services de l'État. Toutefois,
si ceux-ci sont bien les seuls décideurs concernant les modalités d'aménagement du
domaine public maritime, les projets de récifs artificiels constituent
systématiquement des démarches partenariales. L'essentiel des projets est porté par
des collectivités locales (conseils régionaux, conseils généraux, communes...). Le
financement des implantations de récifs artificiels est développé autour des fonds
publics de ces collectivités, avec le soutien la plupart du temps de crédits
communautaires et d'établissements publics de l'État. Ces collectivités sont donc
particulièrement intéressées aux orientations développées par les services de l'État
sur ces dossiers. Ces orientations impactent en effet directement leur volonté, et leur
capacité, à porter dans le futur des projets de récifs artificiels, et à les financer. Par
ailleurs, certaines collectivités, comme notamment la Région Languedoc Roussillon,
ont déjà initié une réflexion approfondie pour définir les modalités de leur implication
dans ce type d'aménagements. La Région Languedoc Roussillon a ainsi lancé en
2010 deux études : l'une portant sur la réalisation d'un guide à l'attention des
porteurs de projets, l'autre portant sur l'encadrement du suivi scientifique des récifs
artificiels. Compte tenu de l'implication des collectivités territoriales dans les projets
d'implantations de récifs artificiels, leur association à la définition d'orientations
stratégiques au traitement de ces dossiers s'est imposée.
De la même manière, les récifs artificiels sont implantés sur le domaine public
maritime, accessible à tous, et dont les ressources sont utilisables, dans le respect
de la réglementation, par tous. L'implantation d'un récif artificiel peut affecter
positivement (en améliorant l'état du milieu marin), ou plus négativement (en
restreignant indirectement la liberté d'usage sur une zone), la manière dont est
utilisée le plan d'eau où il se situe. Si l'objectif général des récifs artificiels vise le
plus souvent une amélioration de l'état du milieu marin, au bénéfice de tous, il peut
également viser plus particulièrement le soutien à une activité, comme la pêche
professionnelle par exemple. Dans tous les cas, l'association des usagers et des
professionnels de la mer à la définition des axes stratégiques d'implantations de
9
récifs artificiels est apparue pertinente, puisque que les récifs ont pour ambition
d'interagir indirectement sur l'activité qu'ils pratiquent sur le plan d'eau concerné.
Enfin, il a été rappelé l'importance que représentent le suivi et l'analyse scientifique
des récifs artificiels, et ce afin d'être à même d'en apprécier leur pertinence. Les
experts techniques et scientifiques concernés par le sujet ont donc légitimement
vocation à être consultés et entendus dans la démarche initiée.
Aussi, la préfecture de région Languedoc Roussillon a-t-elle fait le choix d'appuyer et
de légitimer largement sa réflexion stratégique, destinée aux services de l'État, sur la
participation de l'ensemble des acteurs concernés, quels que soient leur nature et
leur statut juridique. En cela, cette démarche s'intègre parfaitement dans la méthode
initiée par le "Grenelle de l'environnement" et le "Grenelle de la mer". Elle anticipe
par ailleurs, la méthode de gouvernance qui sera généralisée dans le cadre de
l'élaboration prochaine du plan d'action pour le milieu marin (instrument d'application
de la directive cadre "stratégie pour le milieu marin") et du document stratégique de
façade (outil de mise en oeuvre de la politique maritime intégrée).
Un processus de concertation très complet a ainsi été conçu sous l'autorité de la
préfecture de région Languedoc Roussillon. La préfecture de région s'est appuyée,
pour définir le cadre de cette concertation, sur un comité de pilotage composé de la
DIRM Méditerranée, des DREAL, DDTM et établissements publics concernés, ainsi
que des deux conseils régionaux et du conseil général de l'Hérault. L'animation du
processus a été confiée à la direction interrégionale de la mer (DIRM) Méditerranée.
La concertation a débuté par une instance plénière qui s'est réunie à Nîmes le 17
février 2011. Celle-ci a rassemblé services de l'État, collectivités territoriales,
établissements publics, organisations socio-professionnelles, associations
environnementales et d'usagers.
Le travail de réflexion s'est ensuite poursuivi par la mise en place de trois groupes
thématiques issus de cette instance : "stratégie d'implantation", "gestion des récifs",
"suivis des implantations". Ces groupes de travail ont été co-animés par la DIRM
Méditerranée et la Région Languedoc Roussillon, avec la participation du Conseil
général de l'Hérault pour le groupe de travail "suivi des implantations". Par ailleurs,
une adresse électronique, dédiée à la concertation, a été mise en place
(recifs.med@developpement-durable.gouv.fr). L'ensemble des documents utilisés
dans le cadre de cette concertation ont également été mis en ligne sur une page,
elle aussi, dédiée (www.affaires-maritimes.mediterranee.equipement.gouv.fr -
onglet : développement durable en mer).
Ce processus s'est appuyé, à plusieurs reprises, sur la réflexion technique portée
parallèlement sur ce sujet par la Région Languedoc Roussillon. Les groupes de
travail se sont réunis chacun par deux fois. Une première session en mars - avril
2011 a permis d'ouvrir les différentes problématiques, et de procéder aux premiers
échanges. Une seconde session a permis de définir des propositions d'orientations
stratégiques. Celles-ci ont ensuite été transmises, pour arbitrage, aux autorités
préfectorales compétentes et ont servi de socle pour l'élaboration du document
stratégique.
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Présentation du document stratégique
Le présent document est le résultat de cette réflexion concertée et des éléments qui
en ont été retenus par l'État. Il a pour objectif la définition d'une doctrine de
l'ensemble des services de l'État intervenant, au sein des deux régions Provence
Alpes Côte d'Azur et Languedoc Roussillon, dans l'instruction des demandes
d'implantations de récifs artificiels. A ce titre, il sert de cadre à l'analyse des dossiers
et d'aide à la décision pour l'attribution des autorisations nécessaires. L'utilisation du
cadre ainsi défini a pour objet d'harmoniser les pratiques entre les différents services
du littoral, et d'assurer pour les porteurs de projets une lisibilité maximale sur les
attentes des services de l'État quant à la justification des dossiers déposés, et sur
les obligations auxquelles ils s'exposent dans le montage de ces aménagements.
Dans le présent document, les questions relatives à la délivrance du titre
d'occupation du domaine public maritime sont plus particulièrement développées.
Cependant, d'autres types d'autorisations encadrent ces implantations, notamment
dans le cadre de la police de l'eau, et doivent être traitées selon les mêmes
principes. L'ensemble de ces procédures devront ainsi être menées en parallèle et
en cohérence.
Le document stratégique présente tout d'abord un état des lieux des implantations
existantes. Cet état des lieux n'avait jusqu'alors été effectuée que sur le littoral du
Languedoc Roussillon, à l'initiative du Conseil régional. Il est désormais complété
par un panorama équivalent pour le littoral provençal et azuréen. Cet état des lieux à
l'échelle de la façade méditerranéenne est un préalable indispensable pour appuyer
l'analyse des dossiers sur le retour des expériences et des pratiques existantes.
Ensuite sont développés plusieurs éléments de définition, nécessaires à la bonne
compréhension des dossiers d'implantation de récifs artificiels. Ces définitions
concernent essentiellement les notions d' "objectifs des récifs", de "gestion d'un site
de récifs artificiels" et de "suivi d'une implantation".
Dans un temps suivant, sont déclinées les orientations stratégiques définies pour
l'ensemble des instructions nouvelles de dossiers, qu'il s'agisse de renouvellement
de concessions existantes, ou de nouvelles implantations.
Ces orientations sont développées autour de 3 thèmes majeurs :
- Les éléments d'appréciation des projets
Cette partie a pour objet de détailler les éléments saillants à même de justifier un
projet d'implantation de récifs artificiels, et d'attirer l'attention du service instructeur
sur la prise en compte de ces éléments dans son travail d'analyse.
- Les obligations à définir dans le titre de concession
11
Une fois l'instruction du dossier menée à bien, et qu'une autorisation d'occupation
domaniale est susceptible d'être délivrée, cette partie détermine le cadre d'obligation
nouveau que doit contenir le titre de concession. Ce contenu standardisé des
obligations liées au titre de concession du récif constitue le coeur du document
stratégique. Son objectif est d'amener au développement d'une analyse globalisée
de ce type d'aménagements en disposant d'un encadrement commun de ceux-ci.
Le contenu de cette partie trouve sa concrétisation dans la convention-type à
annexer au titre de concession (voir ci-dessous)
- Lesmodalités de traitement de la fin de concession et conditions du renouvellement
Ce dernier axe d'orientation stratégique décline le cas particulier de l'arrivée à
échéance d'une concession. Contrairement à ce qui pourrait être considéré à
première approche, il n'existe pas de résolutions simples et systématiques de ce cas
de figure. Les approches théoriques et pratiques de ce sujet ne sont que rarement
concordantes. Cette partie propose une grille d'analyse des situations possibles, et
une aide à la décision pour le renouvellement, ou non, de la concession.
Enfin, le document stratégique propose, dans ses annexes, plusieurs outils pratiques
d'aide à l'instruction des dossiers. Il propose des éléments d'approche économique
(analyse des coûts de gestion et de suivi par exemple). Il présente également un
tableau récapitulatif de l'ensemble des procédures relevant du code de
l'environnement, et applicables aux récifs artificiels: étude d'impact, étude
d'incidences Natura 2000, procédures police de l'eau... Le présent document n'a pas
pour vocation de développer davantage ces aspects, ceux-ci faisant déjà l'objet de
nombreuses préconisations dans des cadres plus larges que celui des seuls récifs
artificiels.
Enfin, le document définit un support de référence pour la délivrance des titres de
concession concernant des récifs artificiels, à travers une convention-type ayant
vocation à être annexée aux arrêtés préfectoraux afférents.
Ce document stratégique, dans sa globalité, a vocation à être utilisé comme cadre
de référence par l'ensemble des services de l'État concernés des régions Provence
Alpes Côte d'Azur et Languedoc Roussillon. Il pourra évoluer et être amendé à
l'initiative des autorités préfectorales compétentes.
12
1 - État des lieux des implantations de
récifs artificiels
Cette première partie dresse un inventaire des implantations existantes sur le littoral
des deux régions concernées par le présent document stratégique (Languedoc
Roussillon et Provence-Alpes-Côte d'Azur). Cet état des lieux est indispensable pour
prendre en compte les aménagements déjà réalisés, et en tirer différents retours
d'expérience. Par ailleurs, c'est au sein de cet existant que doivent s'intégrer
aujourd'hui les nouveaux projets. Un tel inventaire a déjà été réalisé, depuis
plusieurs années, pour la seule région Languedoc Roussillon. En revanche, il n'avait
jamais été réalisé à l'échelle de la Méditerranée.
Les éléments présentés ci-dessous s'appuient donc sur l'analyse réalisée pour le
Languedoc Roussillon par le Cepralmar (association portée par la Région
Languedoc Roussillon), complétée par des données originales récoltées par le
CETE Méditerranée pour la région Provence Alpes Côte d'Azur.
13
1.1 - Distribution des récifs
Les implantations de récifs artificiels existantes sur la façade méditerranéenne
continentale se répartissent sur l'ensemble des départements côtiers. Au total, il est
possible de dénombrer 19 implantations différentes entre St Cyprien (Pyrénées
Orientales) à l'Ouest, et Roquebrune-Cap Martin (Alpes maritimes) à l'Est. L'Aude,
l'Hérault, les Bouches du Rhône et les Alpes maritimes sont les départements qui en
comptent le plus (4 implantations pour chacun de ces départements).
L'implantation des récifs artificiels sur le littoral méditerranéen a été progressive. Elle
s'est échelonnée sur plus de 40 ans. De 1968 à 2009, ce sont au total 87 000
mètres cubes de récifs artificiels qui ont été immergés.
14
Figure 1: Carte de situation des récifs artificiels sur le façade méditerranéenne
La courbe de la figure 2, représentant les volumes cumulés de récifs immergés,
permet de mettre en évidence plusieurs périodes caractéristiques au cours des 40
dernières années.
Les premières immersions se sont déroulées en 1968, sur le site de Palavas les
Flots, dans le département de l’Hérault. Le volume immergé lors de cette première
implantation est toutefois resté modeste (400 mètres cube) au regard des
aménagements réalisés ultérieurement.
Le début des années 1980, s'ouvre ensuite une période d'implantations plus
nombreuses. En 1984, le secrétariat d’État à la mer met en place une opération
pilote sur différents sites de la façade méditerranéenne (5 sites en Languedoc
Roussillon et 5 sites en Provence Alpes Côte d'Azur), accompagnée de suivis
scientifiques, afin de déterminer l’impact que peuvent avoir de telles installations sur
le milieu marin. Un volume relativement important de récifs, quelques 30 000 m³, a
été immergé au cours de cette opération, pour moitié en Languedoc Roussillon
(Saint Cyprien, Canet en Roussillon, Port La Nouvelle et Agde) et en Provence Alpes
Côte d'Azur (récifs des Alpes maritimes, Parc Marin de la Côte Bleue, et La Ciotat).
Au cours des années 1990 et début 2000, des implantations régulières se
produisent, réparties sur l’ensemble de la façade. En 2007 a lieu l’opération "Récifs
Prado", réalisée dans la rade de Marseille. Cette opération augmente, à elle seule
notablement le volume global de récifs artificiels immergés en Méditerranée.
L'implantation des récifs du Prado est à ce jour la plus importante opération de récifs
artificiels réalisée sur le littoral français en volume immergé (27 610 m³ sur un site de
220 hectares).
15
Figure 2: Cumul des volumes immergés sur les 50 dernières
années
1.2 - Caractéristiques techniques
1.2.1 - Modules et matériaux
La conception des modules immergés a connu, au fil du temps, une forte évolution.
De matériaux divers, dits d'opportunité, souvent destinés initialement à d'autres
usages, comme les buses, les poteaux électriques, les carcasses de voiture ou
même des pneus, les récifs artificiels ont peu à peu évolué. Des modules
spécialisés, destinés directement à la conception de récifs artificiels ont
progressivement été utilisés (modules en béton armé conçus pour le milieu marin).
Figure 3 – Composition des récifs immergés sur la façade méditerranéenne.
Le volume global de récifs artificiels (tous types) implantés actuellement sur la
façade méditerranéenne représente 87 900 mètres cubes. Le graphique de la figure
3 montre la part très importante que représente aujourd'hui les modules préconçus
en béton (60% des volumes immergés). Ces modules en béton armé sont apparus
très tôt comme le matériau le plus approprié à la mise en place d'habitats artificiels
en mer Méditerranée. La part des matériaux divers, utilisés pour les implantations les
plus anciennes, reste toutefois encore importante (21% des volumes immergés). Les
buses et doubles buses représentent la part principale de ces matériaux divers.
L'analyse de la chronologie des immersions par type de matériau utilisé permet de
dresser plusieurs constats.
16
L'utilisation de matériaux divers ou artisanaux a précédé chronologiquement celle du
béton armé marin. En revanche, ce dernier s'est très rapidement imposé comme le
matériau le plus adapté, et le plus adéquat, pour les structures immergées.
Figure 4 – Chronologie des immersions par type de matériau utilisé
Au début des années 2000, les matériaux artisanaux ont continué à être utilisés,
mais d'une nouvelle manière. Certains maîtres d'ouvrages ont ainsi maximisé la
surface disponible offerte aux biocénoses avec ces matériaux divers. Les modules
en béton ont ainsi été complexifiés en les complétant de matériaux de plus petite
taille, et d'une plus grande diversité de cavités.
Les enrochements et les récifs de protection ont, quant à eux, toujours représenté
une faible part des matériaux immergés. Deux sites sont par ailleurs constitués
d'épaves.
1.2.2 - Objectifs des récifs implantés
La décomposition en "objectifs élémentaires", opérée dans le cadre de ce document
stratégique, permet de mettre en évidence la prédominance des visées halieutiques
des immersions de récifs artificiels pratiquées ces 40 dernières années.
Dans la majorité des cas, cet objectif de production halieutique a été couplé avec,
soit un objectif de protection, consistant essentiellement en la protection de la bande
17
littorale des 3 milles (5.5 kilomètres) contre le chalutage illégal, soit un objectif de
reconstitution des biocénoses, pour favoriser la recolonisation par la faune et flore
des zones dégradées.
Un certain nombre de cas se distinguent toutefois. Ils proposent une combinaison
d’objectifs très spécifique. C'est notamment le cas des immersions réalisées au sein
du Parc national de Port Cros, justifiées par des problématiques scientifiques et de
reconstitution des biocénoses. L'immersion de récifs artificiels a été l'occasion
d'interdire la pêche et le mouillage dans la zone d'immersion, participant ainsi à la
protection des populations de grandes nacres. Dans le cas du Golfe de Beauduc, les
récifs artificiels ont été immergés dans un objectif unique de protection des fonds du
golfe contre les effets du chalutage illégal.
Les récifs du Prado, à Marseille, sont les premiers à avoir affiché un objectif
pédagogique dans leur immersion. En revanche, aucune immersion n'a été justifiée,
à ce jour, par des objectifs ludiques.
1.2.3 - Occupation du domaine public maritime
L'implantation de récifs artificiels passe par l'obtention préalable d'une autorisation
d'occupation du domaine public maritime. Cette autorisation a pu prendre
historiquement différentes formes juridiques. Depuis 1968, 4 types différents de titres
ont pu être délivrés pour l'immersion de récifs artificiels.
18
Figure 5: Objectifs des immersions sur la façade méditerranéenne
Le cantonnement de pêche (arrêté du 4 juin 1963) et la concession de culture
marine (décret n°83-228 du 22 mars 1983) ont été les premiers outils juridiques
utilisés, tant en Provence Alpes Côte d'Azur qu'en Languedoc Roussillon. Cet emploi
était justifié par les objectifs halieutiques des premières immersions.
A partir de 1983, la concession d'endigage et d'utilisation des dépendances du
domaine public maritime en dehors des ports (décret n°79-518 du 29 juin 1979)
commence à être utilisée. L'utilisation de matériaux lourds comme éléments
constitutifs des structures immergés, a orienté les services instructeurs vers cet outil.
Il sera utilisé, à de nombreuses reprises, jusqu'en 2004. A partir de cette date, il est
remplacé par la concession d'utilisation du domaine public maritime en dehors
des ports (décret n°2004-308 du 24 mars 2004, intégré dans le code général de la
propriété des personnes publiques). Ce titre d'occupation est actuellement le plus
adapté à l'implantation de récifs artificiels.
19
Figure 6: Concessions des récifs artificiels de la façade méditerranéenne
A noter que la procédure police de l'eau est intervenue à partir de 1993, dans la
délivrance des autorisations avant immersion.
1.2.4 - Sites d’immersion
• Profondeur d'immersion
La profondeur d'immersion d'un récif artificiel influe sur sa colonisation par la faune
et la flore, mais aussi sur sa tenue dans le temps.
A l'analyse de la figure 7, il apparaît une nette différence entre les profondeurs
retenues pour l'implantation de récifs artificiels en Languedoc Roussillon et en
Provence Alpes Côte d'Azur.
20
Figure 7: Profondeurs d'immersion des récifs de la façade
En Languedoc Roussillon, ainsi que dans le Golfe de Beauduc, les immersions sont
concentrées dans dans une gamme de profondeur d'une vingtaine de mètres (entre
10 et 35 mètres). Ce choix est justifié par la bathymétrie du Golfe du Lion, au plateau
continental large et de faible pente, ainsi que par l'objectif général retenu de
protection et d'enrichissement des ressources halieutiques.
La gamme de profondeur des immersions en Provence Alpes Côte d'Azur est plus
étendue. Des récifs sont ainsi implantés entre 5 et 75 m de profondeur (les plus
profonds, des récifs de protection anti-chaluts, se situant sur le site du Parc Marin de
la Côte Bleue). La bathymétrie du littoral provençal et azuréen (talus continental à
forte pente et croissance très rapide des profondeurs avec l'éloignement à la côte) et
la présence de nombreux herbiers de Posidonie sont des explications à cette
répartition en profondeur.
I.3. - Modalités de gestion mise en place
Figure 8: Mesures de gestion mises en place sur les récifs existants
La mise en place d'une gestion telle que définie dans le présent document
stratégique, regroupe cinq axes : la concertation avec les acteurs locaux,
l’encadrement des usages sur le site, la surveillance in situ et la prévention des
situations à risques, la communication et sensibilisation des acteurs, et enfin
l’évaluation des impacts environnementaux et socio-économiques du récif.
21
L'appréhension de la gestion mise en place diffère selon les deux régions.
Sur les sites de récifs artificiels de la région Provence Alpes Côtes d’Azur, une
réglementation stricte des usages est le plus souvent pratiquée. Cette
réglementation concerne à la fois les usages extractifs (pêche de loisir et
professionnelle), le mouillage ou la plongée. Un balisage des zones réglementées
est par ailleurs régulièrement pratiqué (hors récifs de protection).
En Languedoc Roussillon, la mise en place d'une gestion sur les sites d'implantation
est plus rare. Elle ne passe pas par des interdictions ou des réglementations
d’usages spécifiques. Par ailleurs aucun balisage n'est mis en place.
Un suivi scientifique a été mis en place sur la grande majorité des sites en
Languedoc Roussillon. En Provence Alpes Côte d'Azur, des suivis ponctuels ont été
effectués sur l'essentiel des sites. Seul un tiers des sites a toutefois fait l'objet d'un
suivi régulier.
Enfin, si les sites de la région Provence Alpes Côte d'Azur bénéficient régulièrement
d'une instance de gestion prenant en compte les récifs implantés, tel n'est quasiment
jamais le cas en Languedoc Roussillon, à l'exception notable du site d'Agde, pris en
compte par la structure mise en place pour la gestion du site Natura 2000.
I.4. - Suivis mis en place
L'essentiel des récifs de la façade méditerranéenne a, de manière diverse, fait l'objet
d'un suivi. Le tableau de la figure 9 présente les composantes du contenu des suivis
scientifiques pratiqués sur les récifs immergés, ainsi que leur durée.
Sur certaines implantations, des suivis ont pu être mis en place différemment sur les
composantes d'un même site, en fonction de l'ancienneté de l'immersion de chacune
d'elles. Cette différenciation au sein d'un même site n'est pas prise en compte dans
le tableau. Dans pareil cas, le suivi des premiers récifs est indiqué comme suivi pour
l'ensemble du site.
Les principaux éléments suivis sur les récifs existants sont l'environnement des
récifs, par l'intermédiaire de ses caractéristiques physico-chimiques, et de sa
colonisation par les poissons.
En revanche, la fréquentation par les usagers n'est que rarement intégrée au suivi
formel des récifs. Il en est de même pour le suivi des débarquements ou de l'activité
de pêche, et ce malgré l'objectif quasi omniprésent de production halieutique des
récifs. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette absence de suivi: la difficulté
d'identification des opérateurs fréquentant la zone, la taille de certains engins utilisés
par rapport aux récifs, ou la difficulté de distinguer et d'évaluer les captures
réellement inféodées aux récifs.
22
La mise en place systématique, en région Languedoc Roussillon et dans le Golfe de
Beauduc, d'un suivi de la structure 3D et du placement des récifs est notable. Ceci
peut s'expliquer par la nature sableuse du substrat, et donc des risques
d'enfouissement ou de déplacement plus prononcés.
Les durées de suivi sont très variables, allant d'une campagne ponctuelle à des
suivis sur plusieurs années, voir plusieurs dizaines d'années. Il ne peut être dégagé
de tendances sur les deux régions en terme de durée des suivis.
23
Le détail des suivis réalisés sur les récifs existants est précisé en annexe au présent
document.
Même si elle prend des formes diverses, l'existence d'un suivi tend progressivement
à se généraliser sous l'action combinée, notamment:
– des services de l'Etat qui peuvent prescrire des suivis environnementaux des
sites d'immersion de récifs au titre de la police de l'eau,
– de l'Union Européenne qui conditionne l'octroi de financements du Fond
Européen pour la Pêche (FEP) pour immerger des récifs artificiels, à la
réalisation de tels suivis,
– des collectivités qui veulent également évaluer leur politique d'intervention en la
matière, à l'aune des résultats obtenus sur les immersions déjà réalisées.
24
Figure 9: Suivis des récifs mis en place sur la façade méditerranéenne
Tableau 1: Synthèse des suivis réalisés sur les récifs de la façade
2 - Doctrine et orientations stratégiques
Le littoral méditerranéen a fait l'objet, depuis plusieurs décennies, de nombreuses
implantations de récifs artificiels, comme l'a rappelé l'état des lieux précédemment
dressé. Ces implantations ont fait l'objet d'autorisations d'une durée déterminée,
nécessitant d'être renouvelées, ou non, à leur échéance. Par ailleurs, de nouvelles
demandes continuent à être régulièrement déposées auprès des services de l'État.
L'ensemble de ces éléments ont amené les autorités préfectorales à définir un cadre
afin d'harmoniser l'instruction de ces dossiers dans le temps, et à l'échelle des deux
régions concernées. Cette instruction intervient à la fois au titre du code de
l'environnement et au titre du code de la propriété des personnes publiques pour la
partie domaniale.
La doctrine définie ci-dessous, issue d'une large concertation avec l'ensemble des
acteurs concernés, cible trois objectifs successifs :
-apporter une aide à la réflexion pour les services instructeurs
dans l'analyse des dossiers qui leur sont présentés
-standardiser le cadre des obligations imposées aux porteurs
de projets pour la réalisation de leur implantation
-fournir une aide à la décision dans la gestion des titres
d'occupation domaniale relatifs au récifs artificiels arrivant à
leur échéance.
2.1 - Éléments de définition
2.1.1 - Typologie des objectifs des récifs artificiels
L'implantation d'un récif artificiel est motivée par un ou plusieurs objectifs. La
diversité des objectifs poursuivis peut être restituée à travers une typologie
constituée de 5 objectifs « élémentaires », à savoir:
- la reconstitution de biocénoses marines,
- la production halieutique,
- la protection des biocénoses marines,
- les activités ludiques ou pédagogiques,
- la recherche et développement.
25
Dans le cas d'un aménagement dont l'objectif est la reconstitution des biocénoses
marines, est visé le rétablissement des conditions d’habitats nécessaires au
développement des espèces marines. Cet objectif est pertinent lorsque les
conditions originelles de bon état des biocénoses marines ont été dégradées, sous
l’action de facteurs anthropiques. Cette approche s’appuie sur des notions
d’ingénierie écologique, et de retour à un meilleur état écologique par des moyens
dits « artificiels ».
Un aménagement dont un des objectifs est la production halieutique vise la
production de biomasse et l’augmentation de la diversité spécifique d’espèces
ciblées, représentant une valeur commerciale. Ce type de récif se développe autour
d'une optique d’extraction et de valorisation des ressources marines à travers une
activité de pêche.
La protection des biocénoses marines vise à limiter physiquement l’accès de
certains engins de pêche à des secteurs précis. Ils interviennent notamment au
bénéfice de secteurs reconnus pour leur valeur écologique, comme par exemple leur
importance dans l’équilibre des populations soumises à de fortes pressions de
pêche. Dans la pratique, ce type de récifs a régulièrement été utilisé comme défense
contre les activités illégales de chalutage dans la bande côtière des 3 milles.
Dans le cadre d'objectifs ludiques et/ou pédagogiques, les récifs sont destinés à
des pratiques d'agrément, en lien avec l'intérêt porté au milieu marin. La principale
activité visée par ce type d'implantation est la plongée sous-marine de loisir.
L'objectif des récifs de ce genre peut également être pédagogique, visant à la
diffusion des connaissances et à la sensibilisation du grand public aux
problématiques environnementales et marines. Ils sont constitués de modules
divers, potentiellement agencés de façon esthétique, ayant pour but de concentrer
ou développer la faune et la flore marines sur un site. En ayant un effet attractif sur
certaines activités telles que la plongée, ces récifs peuvent être un outil
particulièrement utile de délestage de sites naturels sensibles soumis à une forte
pression anthropique.
Lorsqu'un récif présente un objectif de recherche et développement,
l’aménagement constitue un champ d’expérimentation spécifique, pour analyser
l’évolution des biocénoses marines au sein d’un milieu « artificiel ». Un tel
aménagement peut être destiné à l'amélioration et l'acquisition de connaissances
scientifiques, ou à l'expérimentation de nouveaux prototypes de récifs. Ces récifs
peuvent également être liés à l’existence de programmes de recherches.
L'ensemble de ces objectifs sont des objectifs « élémentaires ». Ils sont dissociés,
de manière théorique, pour mieux prendre en compte chacune des attentes et des
visées d'une implantation de récifs artificiels. En pratique, la majorité des projets
d'immersion regroupe un ou plusieurs de ces objectifs "élémentaires".
26
2.1.2 - Gestion d’un site de récifs artificiels
La gestion d'un site de récifs artificiels ne se limite pas aux seules actions d'une
entité identifiée comme gestionnaire. C'est un ensemble de mesures, destinées à
organiser les usages et le fonctionnement optimal du site. Ces mesures sont le fruit
d'un travail mené par un groupe d'acteurs impliqués dans le projet d'immersion, la
réalisation des objectifs du récif, et l'optimisation de leur atteinte.
Les objectifs parfois multiples du récifs, la volonté d'en évaluer leur atteinte, la
nécessité de s'assurer de la correspondance entre la vision prospective du maître
d'ouvrage et l'évolution réelle de l'ouvrage, font de la gestion un élément
indispensable. La gestion permet de prévoir les conflits d'usages potentiels, et de
suivre et contrôler les usages effectués autour de la structure tout au long de son
existence.
La gestion d'un site recouvre les actions à entreprendre, après les premiers travaux
d'immersion, et qui se rapportent :
- à la concertation avec les acteurs locaux
concernés en vue des prises de décisions
- à l'encadrement des usages sur le site,
- à la surveillance in situ et à la prévention des
situations à risques,
- à la communication et à la sensibilisation des
acteurs, qu'ils soient directement concernés ou non
par l'usage du site,
- au suivi des impacts environnementaux et
socio-économiques du récif, à la capitalisation et
au partage de ces informations.
Parmi les mesures d’encadrement des usages, présentes à l’échelle d’un récif,
certaines s’inscrivent dans un cadre plus vaste régissant des activités, à travers des
« réglementations sectorielles » (pêche, navigation…) ou encore des « plans de
gestion », dans le cas par exemple d’aires marines protégées.
Une mesure d’encadrement d’usages peut se caractériser à travers 3 dimensions :
- sa variabilité dans l’espace : la mesure peut avoir cours sur
l’ensemble de la zone d’autorisation domaniale, mais
également être circonscrite à l’intérieur de périmètres plus
réduits,
27
- sa variabilité dans le temps : la mesure peut s’appliquer de
manière permanente (sur toute la durée de l’autorisation), ou
encore de manière temporaire,
- sa force juridique: la mesure peut présenter un caractère
réglementaire contraignant, ou seulement un caractère incitatif,
partenarial ou contractuel.
Ainsi, l'encadrement d'un usage particulier peut-il intervenir sous différentes formes :
- une interdiction de l’usage lui-même,
- une restriction des conditions d’accès au site pour certains
usagers,
- une limitation de l’ « intensité » de l’usage concerné,
- une mise en avant de comportements à promouvoir, ou au
contraire de comportements à résorber.
Différents outils peuvent ainsi être utilisés pour mettre en application des mesures
visant à encadrer les usages autour d’un récif : recommandations, chartes, contrats,
plans de gestion spécifiques, arrêtés préfectoraux…
2.1.3 - Suivi d’un récif artificiel
2.1.3.1 - Nature et objectif du suivi
Le suivi d'un récif artificiel recouvre toutes les actions qui visent à mesurer, analyser
puis rendre compte des interactions qui se développent sur le site d'immersion et
dans l'aire d'influence du récif entre :
- la structure immergée,
- la colonne d'eau et le substrat,
- la faune et la flore marines,
- les activités humaines.
Pour pouvoir caractériser l'ensemble des interactions développées sur un site
d'immersion, le suivi peut se structurer autour de 7 composantes définies de la
manière suivante :
Ces interactions ont fait l'objet d'une description théorique et prospective, au moment
des études de faisabilité, des études de conception, des études socio-économiques,
des études environnementales éventuellement requises en application des
dispositions du Code de l'Environnement, réalisées préalablement à l'autorisation
d'immerger.
28
Le suivi d'un récif va consister à caractériser les interactions « réelles » qui
s'instaurent à la suite de l'immersion du récif. La mise en place du suivi a vocation à
faire appel à des champs d'analyse qui relèvent de disciplines diverses, telles que
l'écologie, la sociologie, l'économie, la technologie des activités maritimes.
Le suivi produit les données qui doivent permettre, in fine, de formuler une réponse
argumentée à la question essentielle suivante:
Le récif immergé a-t-il atteint les objectifs énoncés
lors de sa définition, dans les conditions telles que
définies dans les études et justifications qui ont
précédé son immersion ?
La réponse à cette question s'articule notamment en mettant en vis à vis les
indicateurs issus du suivi, et la vision prospective développée lors de la conception
du projet.
Cette analyse intéresse, à des titres différents, l'ensemble des acteurs d'un projet, et
tout particulièrement le maître d'ouvrage du projet, ses financeurs, les services de
l'Etat gestionnaire du domaine public maritime et en charge de la police de l'eau.
Les moyens mobilisés pour le suivi peuvent être définis et modulés en fonction des
objectifs assignés au récif.
29
2.1.3.2 - État zéro
L'état zéro est l'initialisation du dispositif de suivi. Les données qui seront analysées
pendant la durée d'immersion du récif doivent préalablement être évaluées sur le
site, avant immersion, afin de pouvoir être comparées ultérieurement.
L'état zéro constitue ainsi une référence. Celle-ci est destinée à fournir des éléments
mesurables permettant de caractériser l'évolution du récif au cours de son temps
d'immersion.
2.1.3.3 - Sites témoins
Afin de pouvoir attribuer une évolution constatée à l'implantation du récif, et de
pouvoir la différencier des tendances naturelles de la zone, l'identification de sites
dits « témoins » peut être nécessaire. Ce sont des sites aux fonctionnalités
écologiques les plus similaires possibles par rapport au site aménagé.
Sur ces sites sont menés les mêmes programmes de suivi que sur les sites
d'immersion suivis.
2.1.3.4 - Référentiels existants à plus grande échelle
Le suivi scientifique d'un site de récif artificiel constitue l'occasion de générer des
données qui peuvent être utilisées pour la constitution d'autres études scientifiques,
dont l'échelle prise en considération peut être potentiellement plus large.
De façon plus générale, le suivi d'un récif artificiel peut se développer en lien avec
des suivis existants, déployés à des échelles plus vastes, comme le suivi d'une aire
marine protégée par exemple.
30
2.2 - Éléments d’appréciation des projets
L'implantation d'un récif artificiel a pour préalable la délivrance d'une autorisation
d'occupation du domaine public maritime et, le cas échéant, d'une autorisation au
titre de l'article R-214-1 du Code de l'Environnement. Cette délivrance des
autorisations nécessaires s'effectue à l'issue d'une procédure d'instruction, étayée
par un dossier technique déposé par le porteur du projet.
A cet égard, les procédures et formalités applicables aux projets de récifs artificiels
au titre de Code de l'Environnement sont rappelées pour mémoire en annexe 4.2 du
présent document.
La présente partie recense les éléments devant dorénavant systématiquement faire
l'objet d'une argumentation et d'une justification dans le dossier de demande
d'implantation. Par ailleurs, elle attire l'attention du service instructeur sur les points
indispensables à prendre en compte dans l'instruction, et sur la manière dont ils
doivent être considérés. La prise en compte des éléments saillants développés dans
cette partie a pour objet d'harmoniser les pratiques d'instruction, quel que soit le lieu
d'implantation du récif, et d'aider le service qui en a la charge à la mener à bien.
2.2.1 - Appréciation des objectifs du récif
Un projet d'implantation de récifs artificiels doit répondre à un ou plusieurs objectifs,
sans quoi il ne serait porté par aucune motivation valable. Le (ou les objectifs) doit
(doivent) apparaître clairement dans le dossier déposé, et être dûment explicité (s).
La motivation des récifs actuellement existants a trop souvent été uniquement
affichée au regard des financements publics (nationaux ou communautaires)
obtenus. Les récifs financés par le fonds européen pour la pêche (FEP), ou son
prédécesseur l'IFOP, ont ainsi tous été motivés par des objectifs exclusivement
halieutiques. Dans les faits, ces récifs ont pourtant été amenés à développer
d'autres objectifs que ceux initialement prévus.
La détermination claire et exhaustive de l'ensemble des objectifs du récifs doit
désormais être développée dans le dossier de demande de concession. En effet, de
cette détermination dépend la fiabilité de l'instruction du dossier, mais aussi la
capacité de pouvoir évaluer l'atteinte des objectifs du récif et son "efficacité". Ces
éléments conditionneront désormais ultérieurement le devenir juridique à long terme
de l'immersion réalisée.
Les objectifs d'un projet d'immersion de récifs artificiels sont une combinaison de
tout ou partie des 5 objectifs élémentaires suivants :
– reconstitution des biocénoses marines
– production halieutique
31
– protection des biocénoses marines
– activités ludiques et pédagogiques
– recherche et développement
Ces différents objectifs ne font pas l'objet d'une hiérarchisation les uns par rapport
aux autres. Toutefois, la prise en considération de ces objectifs dans l'instruction du
dossier doit être différente, au regard de l'analyse qui en a été portée par l'ensemble
des acteurs concertés pour l'élaboration du présent document stratégique.
• Les projets d'implantation porteurs d'un objectif de « reconstitution des
biocénoses » marines sont désormais à privilégier. Cet objectif doit jouer un
rôle central dans la justification de la localisation des projets d'immersion,
• La production halieutique reste un objectif à promouvoir dans les projets
d'immersion. Il est préconisé que cet objectif de production halieutique soit
nécessairement associé à celui de reconstitution des biocénoses sur un
même projet.
• L'immersion de récifs de protection n'est plus à promouvoir, même si elle
peut, ponctuellement, se justifier pour assurer la préservation de récifs ayant
un autre objectif.
• La justification de l'immersion d'un récif à vocation « ludique ou pédagogique»
doit être appréhendée avec attention. Un récif avec un tel objectif doit être
intégré sur le site dans une démarche plus large que le seul projet. Le récif
"ludique ou pédagogique" doit justifier d'un impact positif sur l'environnement
dans lequel il s'insère. A ce titre, les projets s'inscrivant dans un perspective
de délestage de fréquentation de sites sensibles devront être privilégiés. En
aucun cas, la mise en place d'un récif à vocation "ludique ou pédagogique" ne
doit pouvoir donner lieu à un accès réservé dans le périmètre de la
concession.
• L'objectif « recherche et développement » se rapporte à des projets
d'immersion de prototypes de récifs innovants, dans le cadre d'une démarche
de validation expérimentale de ces prototypes. Les prototypes immergés sont
par définition limités en nombre à l'échelle d'un projet, mais peuvent s'inscrire
dans un ensemble plus vaste de récifs immergés répondant à d'autres
objectifs élémentaires.
Les objectifs élémentaires peuvent être cumulés au sein d'un même projet. Nombre
de projets multi objectifs sont d'ailleurs déjà existants. Ces projets doivent être
privilégiés dans la mesure où ils favorisent, dès leur genèse, une approche intégrée
de la gestion du site d'immersion.
Certains projets d'immersion de récifs peuvent être portés par une logique de
compensation d'impacts résiduels d'un aménagement ou d'infrastructures en mer.
Cette motivation n'est pas retenue en tant qu'objectif « élémentaire» autonome. En
effet, un projet d'immersion de récifs de « compensation » se définira, dans tous les
32
cas, par rapport aux objectifs élémentaires visés ci-dessus, suivant la nature de
l'atteinte aux milieux, aux espèces naturelles ou aux activités humaines qu'il s'agira
de «compenser».
Par ailleurs, la grande majorité des orientations, recommandations ou obligations
énoncées dans le présent document stratégique sont applicables, dans leur contenu,
à un projet d'immersion de récifs qui viserait à « compenser » les effets d'un autre
projet d'infrastructure. Il est à noter que les autorisations d'occupation domaniale et
celles au titre de la police de l'eau ne seront généralement pas sollicitées et
délivrées pour la seule immersion de récifs artificiels, mais pour l'ensemble du projet,
y compris sa composante "récifs artificiels".
2.2.2 - Appréciation de la localisation de l’immersion
La demande de concession déposée auprès du service instructeur inclut la
détermination du site concerné par celle-ci. La détermination de ce site se doit d'être
particulièrement justifiée. Elle intervient en effet à la fois sur la politique de gestion
du domaine public portée par l'État, mais aussi sur les impacts environnementaux
susceptibles d'être générés, par les projets concernés, sur le milieu marin.
2.2.2.1 - Prise en compte de l’environnement du site d’implantation
Prise en compte des habitats naturels
Dans un écosystème naturel en bon état et parfaitement fonctionnel, l'immersion de
récifs artificiels peut être considérée comme un facteur de pression sur le milieu.
Aussi, l'implantation de récifs artificiels au sein d'habitats prioritaires parfaitement
fonctionnels (au sens de la directive n°92/43 du 21 mai 1992 concernant la
conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages, dite
directive "Habitats") doit être évitée. Cette catégorie d'habitats recouvre en
Méditerranée les "herbiers de Posidonie" et les "lagunes côtières" (respectivement
référencés 1120 et 1150).
La justification du choix du site d'immersion doit s'opérer au regard du dernier état
disponible des connaissances des biocénoses marines.
Les référentiels d'informations à grande échelle sur les biocénoses, en cours de
constitution à l'échelle de la façade Méditerranéenne (comme par exemple l'outil
Medbenth ou les inventaires des documents d'objectifs Natura 2000), doivent servir
de socle à la justification du site d'implantation choisi. Cette connaissance préalable
des biocénoses du site concerné devra faire l'objet de descriptions complémentaires
à l'occasion des études (d'impact, d'incidences) réalisées pour chaque projet.
La justification de l'implantation de récifs artificiels devra être particulièrement étayée
lorsqu'elle s'opère sur des habitats naturels différents de ceux susceptibles d'être
portés par le récif, comme les habitats sableux.
33
Prise en compte des continuités écologiques
La justification du choix du site d'immersion devra également être étayée par le
dernier état des connaissances acquises sur les espèces inféodées aux récifs
artificiels, sur leur comportement (naissance, nourrissage, migration, reproduction...)
et sur les différents sites qu'il met en jeu.
Les dernières connaissances disponibles sur le comportement d'espèces migratrices
de poissons susceptibles de tirer partie des récifs dans leur cycle biologique devront
également être prises en considération.
2.2.2.2 - Conditions d'implantation au sein des aires marines
protégées
Les aires marines protégées (AMP) sont constituées des six catégories de structures
suivantes :
- parcs nationaux ayant une partie marine,
- parcs naturels marins,
- site Natura 2000 ayant une partie marine,
- réserves naturelles ayant une partie marine,
- parties maritimes du domaine public maritime relevant du
Conservatoire du littoral,
- arrêtés de protection de biotope ayant une partie marine.
La présence d'une aire marine protégée n'exclut, en aucun cas, l'implantation de
récifs artificiels. Les objectifs du projet d'immersion doivent être compatibles avec les
finalités de l'AMP concernée, conformément à la typologie des finalités des AMP
établie par l'Agence des aires marines protégées (voir Figure 9 en page suivante).
En tout état de cause, l'implantation du récif doit être compatible avec un objectif de
préservation du patrimoine naturel marin.
L'objectif de « reconstitution des biocénoses marines» doit faire partie des objectifs
prioritaires poursuivis par un projet d'immersion de récifs au sein d'une AMP, sans
exclure évidemment d'autres objectifs associés.
34
La carte page suivante présente la répartition des différentes catégories d'aires
marines protégées sur le littoral méditerranéen continental.
35
Figure 9: Typologie des finalités des aires marines protégées (telles que définies par
la loi du 14 avril 2006)
36
2.2.3 - Appréciation des caractéristiques techniques
2.2.3.1 - Motivation des choix de conception
Le maître d'ouvrage doit pouvoir être en mesure de justifier ses choix techniques
d'implantations au regard de plusieurs caractéristiques pré-établies. La justification
de ces choix techniques doit pouvoir être étayée par le dernier état d'avancement
disponible de la connaissance scientifique en la matière.
Les caractéristiques techniques du projet que le maître d'ouvrage devra être en
mesure de justifier sont les suivantes :
- à l'échelle de l'objet immergé: complexité,
nature des matériaux, rugosité, hauteur, volume,
surface,
- à l'échelle du groupe d'objets immergés:
organisation en « village », alternance substrats
meubles /durs, différences bathymétriques,
- à l'échelle de la relation du site avec son
environnement : relation avec les habitats naturels
voisins (rocheux, lagunaires...), ou avec les sites
d'immersion de récifs voisins le cas échéant.
L'implantation de récifs sur un site qui en était jusqu'alors exempt doit, en particulier,
se justifier au regard de ces différents paramètres.
2.2.3.2 - Nouvelles immersions sur des sites existants
Trois cas de figure peuvent se présenter :
• Les périmètres délimitant certaines concessions peuvent offrir des capacités
d'immersion de récifs supplémentaires. Ceci est particulièrement le cas
lorsque les récifs déjà immergés occupent une surface nettement plus réduite
que celle du périmètre de l'autorisation domaniale.
En fonction des objectifs poursuivis, la mobilisation de zones « disponibles »
pour immerger de nouveaux récifs au sein d'une aire déjà « autorisée » peut
se justifier.
• Les projets de « densification » d'un site d'immersion, entendue comme
l'accroissement significatif du volume ou de la surface de récifs immergés au
sein d'un périmètre d'immersion inchangé, ne sont pas à promouvoir. En effet,
le maintien d'une alternance de substrats durs et substrats meubles apparaît
comme un paramètre sensible du fonctionnement écologique du récif.
37
• La « complexification » de récifs existants, entendue comme l'ajout de
nouveaux modules de nature différente sur un site existant peut, en revanche,
être justifiée.
Ces nouvelles immersions devront toutefois faire l'objet, systématiquement et
préalablement, d'une nouvelle demande d'autorisation qui couvrira la totalité du
périmètre occupé, et sera adaptée au nouveau volume immergé. Le pétitionnaire
assumera alors, à la fois, la responsabilité et la gestion des nouvelles immersions, et
de celles déjà existantes.
Un titre de concession modifié, ainsi qu'une nouvelle instruction, seront également
nécessaires en cas de nouvelles immersions adjacentes à des sites déjà existants.
2.2.3.3 - Capacité de réversibilité des immersions effectuées
L'immersion de récifs artificiels est soumise aux principes fondamentaux qui
protègent l'intégrité du domaine public, notamment définis aux articles L 2131-2 et L
2131-3 du Code Général de la Propriété des Personnes Publiques (CGPPP).
En conséquence, le gestionnaire du domaine public maritime peut envisager
d'autoriser uniquement les projets d'immersions qui intègrent les dispositifs
techniques assurant la possibilité d'une réversibilité effective des installations et
d'une remise en état du site.
Outre les garanties techniques (qui devront être apportées dans tous les cas), la
constitution de garanties financières devra être mise en oeuvre lorsque le candidat à
un titre d'occupation domaniale est une personne physique ou une personne morale
de droit privé, conformément aux dispositions prévues par l'article R 2124-8 du
CGPPP. Ces garanties financières renforceront l'effectivité de la réversibilité des
modifications apportées au domaine public maritime.
Le montant des garanties financières sera établi en tenant compte du coût estimé
des opérations de remise en état, de restauration ou de réhabilitation du site.
2.2.4 - Appréciation de la gestion proposée
Comme l'établira la partie suivante relative aux obligations s'imposant désormais au
titulaire d'un titre d'occupation domaniale relatif à l'implantation de récifs, toute
immersion s'accompagne désormais de la mise en place obligatoire d'une gestion.
C'est le maître d'ouvrage du projet, ou plus directement le demandeur du titre
d'occupation, qui est le garant de cette obligation. A ce titre, il doit donc proposer et
argumenter, dans son dossier de demande, les modalités de gestion qu'il envisage
de mettre en place.
38
Cette gestion du site d'immersion a un coût. Celui-ci doit être pris en compte, afin
d'évaluer la pertinence et la fiabilité des propositions faites par le maître d'ouvrage,
porteur du projet. Ces éléments doivent donc être visibles dans le dossier, et
présentés aux services instructeurs. Ces derniers pourront les apprécier au même
titre que les autres aspects du projet.
2.2.4.1 - Organisation de la gestion
La gestion s'articule autour des cinq axes suivants :
-la concertation avec les acteurs locaux,
-l'encadrement des usages sur le site,
-la surveillance in situ et à la prévention des situations à risques,
-la communication et à la sensibilisation des acteurs,
-le suivi des impacts environnementaux et socio-économiques
du récif.
Ces différents axes d'orientations, piliers de la future gestion d'un site doivent être
développés dans le dossier de demande d'autorisation d'immersion. Ils doivent être
cohérents avec les objectifs définis initialement pour l'opération d'immersion, et
comprennent en particulier le programme de suivi du récif.
Si le maître d'ouvrage décide de ne pas développer un des cinq axes précédents sur
son site, ce choix doit être justifié et expliqué dans le dossier de demande
d'occupation. En tout état de cause, compte tenu de sa pertinence pour évaluer
l'opportunité de l'implantation réalisée, l'absence de mise en oeuvre d'un suivi
scientifique ne peut être en aucun cas justifiée.
Sans remettre en cause ces axes d'orientation, les modalités de mise en oeuvre de
la gestion du site pourront être précisées et ajustées pendant toute la durée du titre
d'occupation, à l'initiative ou en accord avec son titulaire, et en concertation avec les
professionnels et les usagers du site.
2.2.4.2 - Acteurs de la gestion
Les modalités de la gestion et le contenu des mesures de gestion seront définis par
le maître d'ouvrage du récif, en s'appuyant impérativement sur une large
concertation locale.
L'organisation d'une gestion autour des implantations implique l'identification, dès le
dossier de demande du titre de concession, des éléments suivants :
- Un organe décisionnel fixant les modalités de gestion
- Une instance de concertation large, à laquelle sont associés
tous les acteurs concernés ou impactés par des activités liées
39
au récif immergé. Les professionnels et usagers de la mer
doivent avoir, au sein de cette instance, une place essentielle.
Les collectivités géographiquement concernées par
l'implantation doivent également systématiquement y être
associées.
- Une instance scientifique, chargée d'éclairer les choix de
gestion au regard de l'évolution du récif et de son interaction
avec le milieu naturel ou avec les activités humaines.
- La désignation d'un animateur de la gestion, sauf dans le
cas où le maître d'ouvrage assure directement cette tâche.
L'« animateur » est chargé d'impulser la dynamique de gestion, de faire fonctionner
les instances mises en place, et de mettre en oeuvre les mesures de gestion.
La fonction d'animation de gestion peut être exercée par une personne morale
distincte du maître d'ouvrage. Dans ce cas, le titulaire du titre d'occupation
domaniale reste seul garant de l'obligation de gestion au regard de l'administration.
L'animateur de la gestion doit aussi être étroitement impliqué dans le suivi du récif.
Les services de l'État sont partenaires associés à la gestion du site d'immersion,
mais n'en sont pas les promoteurs.
Les modalités d'organisation de la gestion, et la forme juridique de son portage, sont
laissées à l'initiative des acteurs locaux, de manière à être adaptées au mieux à
chaque site.
Les exigences portées par l'autorité gestionnaire du domaine public maritime
reposent néanmoins sur un choix d'organisation qui garantisse :
- la représentation large des acteurs concernés au sein de
l'instance de concertation,
- l'identification explicite de l'animateur chargé de la mise
en oeuvre de la gestion et de son suivi, lorsque celui-ci est
différent du titulaire du titre de concession,
- la qualification et la pertinence de l'appui scientifique au
projet,
- la pérennité et la continuité de la gestion à l'échelle de la
durée du titre d'occupation domaniale,
- la traçabilité des décisions prises en matière de gestion, et
l'effectivité de leur mise en oeuvre.
40
Lorsque des instances de concertation, ou un animateur de gestion, d'un site
maritime, voire littoral, existent déjà sur le lieu d'implantation d'un récif, il conviendra
de privilégier ces instances et / ou cet animateur, si ils répondent aux attentes
énoncées ci-dessus.
La redondance d'instance de concertation ou d'animateur de gestion sur un même
site est à éviter.
2.2.4.3 - Modalités d'encadrement des usages
Les mesures d'encadrement des usages sont spécifiques à chaque site. Leurs
principes sont déclinés dans les axes d'orientation figurant au dossier de demande
du titre de concession.
Leur contenu est ensuite proposé par le titulaire de l'autorisation domaniale, après
concertation avec les acteurs locaux.
Les propositions de mesures d'encadrement des usages doivent être établies en
tenant compte d'un cadre spatial, temporel, et d'une échelle de force obligatoire.
Elles peuvent s'appliquer sur tout ou partie du site, pendant tout ou partie de la
durée du titre d'occupation, peuvent être contraignantes, contractuelles, ou
simplement incitatives.
Ces mesures, lorsqu'elles sont contraignantes, seront traduites par des actes
administratifs, signés et publiés par les autorités compétentes.
Une modalité d'encadrement a vocation à s'appliquer à tous les projets de récifs
artificiels: il s'agit de la mise en place d'une "période de jachère", interdisant toutes
activités extractives (pêche professionnelle et de loisir) dans les trois premières
années suivant l'immersion de récifs sur un nouveau site.
La pertinence de cette « période de jachère », partagée par l'ensemble des acteurs
concertés, justifie d'en faire une règle générale, applicable à l'ensemble des
nouvelles implantations.
Toutefois, dans le cas d'un projet de « complexification » de récifs existants (tel que
défini au paragraphe 2.2.3.2.), l'intérêt de mettre en place cette « période de
jachère » ne sera pas systématique. L'absence de cette mesure devra dans ce cas
être dûment justifiée par le porteur de projet.
2.2.5 - Durée de concession
L'objectif du gestionnaire du domaine public maritime est de maintenir, pendant la
durée de la concession, une gestion optimale de l'ouvrage, de minimiser les conflits
d'usages qui peuvent en découler, et de s'assurer que les engagements pris par le
maître d'ouvrage au moment de la sollicitation de l'autorisation domaniale sont
41
respectés. Cela est notamment le cas de la mise en place de l'ensemble des
mesures de gestion, et en particulier du suivi scientifique.
Pour s'assurer que les structures et entités publiques impliquées dans la maîtrise
d'ouvrage, ou dans la gestion des récifs, soient suffisamment pérennes pour
assumer l'intégralité des engagements pris sur toute la durée de la concession
délivrée, il est nécessaire que cette dernière s'étende sur une durée raisonnable.
De la même façon, il y a actuellement un manque de recul sur le vieillissement des
matériaux et des structures utilisés pour la construction des récifs sur plusieurs
dizaines d'années. Viser l'effectivité de la capacité de retrait de ceux-ci à l'échéance
de la concession plaide donc également pour une limitation de sa durée. En effet,
une durée de concession trop longue peut conduire à des modules trop fragilisés
pour être retirés à l'échéance. Elle peut également amener à un renchérissement
très significatif du coût de fabrication des modules, pour pouvoir fournir les garanties
structurelles requises à l'échéance de la concession.
Pour l'ensemble de ces raisons, une durée de concession de 30 ans, telle que
pratiquée actuellement, est apparue trop longue. Cette durée ne peut toutefois pas
être réduite à moins de 10 ans, afin de garantir au maître d'ouvrage une durée et
une visibilité suffisante pour mettre en oeuvre son projet, et faire la démonstration de
sa pertinence et de sa cohérence. Une durée de 15 ans pour les concessions
d'occupation du domaine public maritime relatives aux implantations de récifs
artificiels est donc apparue la plus adaptée.
42
2.3 - Obligations définies par le titre
d'occupation domaniale
Après avoir abordé les points de vigilance à prendre en compte dans l'instruction
des demandes d'autorisation relatives aux récifs artificiels, cette partie décrit plus
particulièrement le contenu du titre d'occupation domanial délivré. Elle s'attache
ainsi à standardiser les dispositions des autorisations émises, de manière à ce que
l'ensemble des porteurs de projets soient soumis aux mêmes obligations sur
l'ensemble du littoral des deux régions concernées par la présente stratégie.
Cette standardisation a pour finalité de donner à l'État, gestionnaire du domaine
public maritime, les instruments lui permettant d'évaluer à terme les impacts des
aménagements qu'il autorise, à l'échelle de la Méditerranée. Pour atteindre cet
objectif, une comparabilité entre implantations s'impose. Seul un cadre commun à
l'ensemble des récifs peut permettre cette comparabilité.
En annexe de ce rapport, est jointe une convention type d'occupation du domaine
public maritime, aboutissement du travail d'élaboration doctrinale ici présenté. Ce
document est destiné à constituer la base de l'ensemble des futures conventions
d'occupation du domaine public maritime relatives à l'implantation de récifs artificiels.
Les principaux éléments de nature nouvelle, constitutifs de cette convention type,
sont explicités dans la partie suivante.
Le contenu de l'éventuelle autorisation parallèlement requise au titre de l'article R
214.1 du code de l'environnement ne sera pas développé dans le présent document,
En effet, les orientations stratégiques retenues interfèrent peu dans son contenu, à
l'exception des dispositions relatives aux obligations de suivi (cf § 2.3.5.). En ce qui
concerne celles-ci, il sera nécessaire de veiller à la cohérence du contenu du titre
domanial et de l'autorisation au titre de la police de l'eau,
2.3.1 - Titre d’occupation domaniale
La forme juridique adaptée à l'autorisation domaniale liée à l'implantation de
nouveaux récifs artificiels est la concession d'utilisation du domaine public en
dehors des ports créée par le décret 2004-308 du 29 mars 2004, codifié par les
articles R 2124-1 à R 2124-12 du Code Général de la Propriété des Personnes
Publiques (CGPPP).
2.3.2 - Durée de la concession
La durée maximale pour une concession d'utilisation du domaine public maritime
relative à l'immersion de récifs est portée à 15 ans.
43
2.3.3 - Définition des objectifs
Les objectifs, annoncés et justifiés par le maître d'ouvrage dans le dossier de
demande d'autorisation d'occupation du domaine public maritime, doivent clairement
figurer dans la convention annexée au titre d'occupation du domaine public maritime.
Ils serviront de référence pour l'établissement du bilan de l'immersion en fin de
concession.
2.3.4 - Obligation de gestion
Toute immersion de récifs artificiels doit
s'accompagner de la mise en place d'une gestion.
L'obligation de mettre en place une gestion du site est inscrite dans la convention
annexée au titre d'occupation domaniale, délivrée pour tout nouveau projet
d'immersion de récifs.
Le « maître d'ouvrage » du récif, titulaire du titre, est par conséquent le garant de
cette obligation au regard de l'administration.
Les modalités de la gestion, et les axes d'orientation des mesures de gestion, sont
définis par le maître d'ouvrage du récif dans son dossier de demande. Les éléments
essentiels présentés sont repris dans la convention annexée au titre de concession.
Ils constituent alors des obligations contractuelles pour le bénéficiaire de la
concession. La non réalisation de ces dispositions peut constituer un motif de
révocation de la concession.
Sans remettre en cause ces axes d'orientation, les modalités de mise en oeuvre de
la gestion du site pourront être précisées et ajustées pendant toute la durée du titre
d'occupation, à l'initiative ou en accord avec son titulaire et en concertation avec les
professionnels et les usagers du site.
2.3.4.1 - Actes de gestion préalables à l'immersion
Deux mesures de gestion sont applicables à l'ensemble des nouvelles implantations
de récifs artificiels : l'instauration d'une "période de jachère" et la réalisation d'un
"état zéro" du suivi scientifique. Ces deux mesures présentent le point commun de
devoir être, toutes deux, rendues effectives entre la délivrance du titre d'autorisation
domaniale et l'immersion effective sur site.
L'implantation d'un nouveau site de récifs artificiels devra ainsi faire l'objet d'une
interdiction de l'ensemble des usages extractifs pendant une période minimale
de 3 ans suivant la date de l'immersion.
44
Cette période dite de "jachère" a pour objectif d'optimiser la colonisation du récif par
les espèces animales et végétales marines.
Passée cette période minimale de 3 ans, le maître d'ouvrage pourra proposer une
réouverture du site aux usages extractifs. Cette réouverture devra impérativement
être progressive, pour préserver l'effet "réserve" apporté par la période de "jachère".
L'immersion des récifs en mer ne devra donc intervenir qu'après la réalisation de
certaines obligations de gestion, qui sont à minima :
- la proposition, la mise au point, puis la signature d'un
arrêté réglementant les usages du site pendant la période
initiale de colonisation du récif
- l'initialisation du dispositif de suivi, avec la constitution de
l'état «zéro» définitif.
2.3.4.2 - Désignation des acteurs de la gestion
L'obligation de gestion figurant dans la convention doit se traduire matériellement par
la mise en place effective des structures capables d'élaborer, animer et mettre en
oeuvre les mesures de gestion proposées par le maître d'ouvrage. Les éléments
suivants doivent figurer dans la convention :
- un organe décisionnel fixant les modalités de gestion
- une instance de concertation large
- une instance scientifique
- la désignation d'un animateur de la gestion
Dans le cas d'une modification, au cours de la durée de concession, des éléments
mentionnés dans la convention, le maître d'ouvrage s'engage à signaler aux services
de l'État gestionnaires du domaine public maritime, la nouvelle composition de ces
instances ou la nouvelle identité de l'animateur.
2.3.4.3 - Présence sur le site
Le maître d'ouvrage décline dans son dossier de demande d'autorisation les
éléments concernant ses modalités de présence en mer, sur le site du récif.
Ses modalités, indispensables à l'effectivité des mesures de gestion envisagées, et
notamment celles relatives à l'encadrement des usages, sont reprises dans la
45
convention, comme autant d'engagements contractuels du titulaire du titre de
concession.
2.3.4.4 - Balisage
La convention prévoit que le concessionnaire s'engage à présenter les modalités de
balisage correspondant à l'identification des zones de réglementation des usages
qu'il envisage.
Ce balisage doit permettre l'identification formelle des zones réglementées par les
usagers et la mise en oeuvre effective du contrôle par les autorités.
Le balisage proposé doit être adapté à la nature du site, et être limité au strict
nécessaire pour la bonne compréhension des mesures de gestion sur site.
Les propositions de balisage, préparées par le porteur de projet, seront soumises,
avant leur mise en place, à l'examen de la commission nautique locale, et à
l'autorisation des autorités compétentes.
2.3.4.5 - Modalités d'information et de communication sur
les mesures de gestion
Les décisions prises en matière de gestion ont vocation à être communiquées à la
fois aux acteurs directement concernés par les récifs artificiels (par le biais
notamment de l'instance de concertation), mais aussi aux services gestionnaires du
domaine public maritime.
Plus particulièrement, les données et les résultats issus du suivi du récif doivent être
restitués et partagés :
- d'une part à l'échelle locale, en particulier devant l'instance
de concertation associée à la gestion du site. Ils font par
ailleurs l'objet d'une transmission officielle régulière au
service en charge de la gestion du domaine public
maritime,
- d'autre part à l'échelle interrégionale, pour mutualiser les
enseignements et faire progresser les connaissances sur les
récifs.
Pour la surveillance et la validation de la bonne mise en oeuvre de l'obligation de
suivi, le maître d'ouvrage pourra s'appuyer sur l'instance scientifique désignée pour
éclairer les choix de gestion.
46
2.3.5 - Obligation de suivi
Le suivi d'un récif artificiel, tel que défini au paragraphe 2.1.3., constitue une
obligation faite à tout maître d'ouvrage autorisé à procéder à une immersion.
Cette obligation est énoncée dans la convention, annexée au titre d'occupation
domaniale. Ce document définit également le contenu et les modalités du suivi du
récif.
2.3.5.1 - Durée du suivi
Le suivi s'exerce pendant toute la durée de validité du titre d'occupation domaniale.
Son rythme de mise en oeuvre est adapté à l'évolution du récif.
2.3.5.2 - Etat « zéro » et site témoin
Pour pouvoir mesurer les évolutions liées à l'aménagement réalisé, le suivi doit
comprendre un état « zéro » préalable à l'immersion, qui servira de référence pour
le reste du suivi. L'état « zéro » couvre par conséquent l'ensemble des composantes
du suivi.
Cet état « zéro » peut s'appuyer en particulier sur des éléments contenus dans l' état
initial des études environnementales, qui seront, s'il y a lieu, complétés et actualisés
avant l'immersion.
Pour faciliter l'explication et la compréhension des évolutions constatées liées
spécifiquement au récif, la mise en place d'un site « témoin » (non aménagé et de
nature comparable au site d'implantation) est conseillée, lorsqu'elle est possible en
pratique.
2.3.5.3 - Structure du suivi
La composition du suivi est directement liée
aux objectifs poursuivis par le récif dans la
mesure où il s'agit in fine de déterminer si le récif a
atteint son objectif initial.
Le suivi s'articule donc, en fonction des objectifs affichés, autour de 7 composantes :
- suivi de la structure et la qualité des fonds,
- suivi de l'évolution physique des structures immergées (3D),
- suivi ichtyologique,
- suivi de la faune et de la flore fixées,
- suivi des pêches,
47
- suivi des activités développées autour des récifs artificiels,
- suivi des milieux sensibles d'intérêt patrimonial,
La mise en oeuvre de ces composantes du suivi est directement conditionnée par les
objectifs affichés et annoncés dans le dossier de demande d'autorisation domaniale.
Certaines composantes sont à mettre en oeuvre de manière obligatoire.
D'autres composantes sont seulement préconisées. La mise en oeuvre de ces
composantes préconisées n'est pas obligatoire. En revanche, le choix de ne pas les
mettre en place est à justifier dûment dans le dossier de demande d'autorisation
d'occupation du domaine public maritime.
Enfin, des composantes peuvent être simplement facultatives. Leur mise en place
est laissée à l'appréciation du maître d'ouvrage.
Il est à noter qu'une part importante des projets de récifs comporte plusieurs
objectifs combinés. Il convient alors que les composantes du suivi permettent
d'évaluer la satisfaction du projet à l'égard de chacun des objectifs retenus.
Le suivi des milieux sensibles d'intérêt patrimonial n'a pas vocation à être mis en
place exclusivement dans le cadre du projet de récif. Si ces milieux sensibles font
déjà l'objet d'un suivi scientifique lié à d'autres programmes (aires marines protégées
par exemple), le suivi du récif aura vocation à s'appuyer sur les données récoltées
par ailleurs. En revanche, si aucun suivi n'existe préalablement, celui-ci sera
obligatoirement mis en place en lien avec projet d'immersion.
Le lien entre objectifs et composantes du suivi à mettre en place est fourni dans le
tableau suivant :
48
Figure 10 : Composantes du suivi scientifique par objectif du récif
2.3.5.4 - Modalités d'acquisition des indicateurs de suivi
Pour une comparaison et une analyse des résultats obtenus au cours de l'immersion
d'un récif, de même que pour pouvoir comparer des résultats issus de sites
d'implantation différents, les suivis doivent être réalisés avec des indicateurs
communs pertinents, fiables et reproductibles, dont le mode d'acquisition est imposé
et unique.
Pour chaque composante de suivi est ainsi associé un (ou plusieurs) moyen (s)
d'acquisition minimal (aux) des données de suivi. Les moyens d'acquisition
minimaux, par composante du suivi, sont recensés dans le tableau suivant :
Figure 11 : Moyens d'acquisition par composantes du suivi
49
Ces moyens d'acquisition peuvent être, à l'initiative du maître d'ouvrage, complétés
par des moyens d'acquisition complémentaires.
2.3.5.5 - Protocoles d'acquisition des indicateurs de suivi
Pour chaque moyen d'acquisition, un protocole d'acquisition, validé à l'échelle de la
façade méditerranéenne, fixe une définition commune des indicateurs à utiliser dans
le cadre du suivi, ainsi que leur méthode d'acquisition.
Ces protocoles d'acquisition, joints en annexe de ce document stratégique, sont
réunis dans une annexe à la convention qui accompagne les nouveaux titres
d'occupation domaniale. Leur contenu s'impose au maître d'ouvrage responsable du
suivi et, le cas échéant, aux opérateurs qu'il désigne pour effectuer celui-ci.
50
Composantes Moyens d'acquisitions
Bathymétrie/sonar
Sédiment
Benthos de substrat meuble
Suivi de l'évolution physique
des structures immergées (3D) Mesures en plongée
Trémail + maillant
Comptages poissons
Acoustique
Inventaire Semi-Quantitatif
Quadrats photo
Grattages
Suivis de l'activité des flottilles et des
débarquements
Enquête "de satisfaction"
Sémaphores ou autres comptages directs
Survol
Enquête auprès des usagers
Herbiers de Posidonie
Roches et coralligène
Substrat meuble
LEGENDE:
Moyen d'acquisition minimum à mettre en place si la
composante du suivi est activée
Suivi de la structure et la qualité
des fonds
Suivi ichtyologique
Suivi de la faune et de la flore
fixée
Suivi des pêches
Suivi des activités développées
sur les RA
Suivi de milieux sensibles
d'intérêt patrimonial
2.3.5.6 - Fréquence du suivi
Lors d'une première délivrance d'un titre de concession, la fréquence de suivi
obligatoire est la suivante :
T0 : année qui précède l'immersion (réalisation de l'état des lieux initial)
T3 : 3° année après l'immersion
T6 : 6° année après l'immersion
T9 : 9° année après l'immersion
T12: 12° année après l'immersion (préparation du bilan de l'immersion)
Figure 12A: Fréquence des suivis scientifiques au cours d'une première concession
* Si l'immersion intervient un an après l'entrée en vigueur du titre de concession, l'échéance du titre
interviendra à la fin de la quatorzième année suivant l'immersion (T14).
Pour chaque année de référence du suivi, un bilan intermédiaire de la situation du
récif est établi, sous la responsabilité du maître d'ouvrage. Ces bilans intermédiaires
alimenteront le « bilan de l'immersion » qui sera réalisé après la 12ème année
suivant l'immersion (cf. article 2.4.2). Les bilans intermédiaires couvrent l'ensemble
des composantes arrêtées dans le programme de suivi du récif, et permettent une
comparaison des situations intermédiaires entre elles.
Le titulaire du titre de concession est libre d'accroître, s'il le juge opportun, la
fréquence de ce suivi, notamment lors de la période initiale de colonisation.
Dans le cas d'un renouvellement de titre de concession, sans nouvelle immersion,
un suivi doit être effectué tous les 5 ans, en commençant par l'année suivant
immédiatement le renouvellement du titre, c'est à dire:
T1 : 1° année suivant le renouvellement du titre
T6 : 6° année suivant le renouvellement du titre
T11: 11° année suivant le le renouvellement du titre
Figure 12B: Fréquence des suivis scientifiques au cours d'une concession
renouvelée, sans nouvelle immersion
51
Cas d'une première concession
T0 T3 T6 T9 T12 Années de références du suivi
T1 T2 T4 T5 T7 T8 T10 T11 T13 T14 Axe des temps
*
Immersion
des récifs
Cas d'un renouvellement de concession, sans nouvelle immersion
T1 T6 T11 Années de références du suivi
T2 T3 T4 T5 T7 T8 T9 T10 T12 T13 T14 T15 Axe des temps
Renouvellement de la Fin de la concession
concession
Dans le cas du renouvellement d'une concession existante, la première occurrence
d'acquisition des données du suivi afférente à la concession renouvelée peut être
reportée, si le dernier suivi disponible au titre de la concession antérieure est
intervenu moins de deux ans avant la date de renouvellement de la concession. Ce
report ne peut s'étendre au delà de l'année « T3 », c'est à dire de la 3ème année
suivant le renouvellement de la concession.
2.3.5.7 - Modalités de mise à disposition des données de suivi
L'exercice des droits de propriété sur les informations issues du suivi des récifs
recouvre 2 notions distinctes:
- les droits du « producteur », qui a pris l'initiative et le risque des
investissements pour créer une base de données et l'incrémenter. Il s'agit
du maître d'ouvrage qui assume la responsabilité du suivi et en assure le
financement,
- les droits de l'«auteur», qui a fait oeuvre de création par exemple dans
le cas de la production d'un rapport d'analyse des données ou d'un bilan
du suivi. Il s'agit du maître d'ouvrage si ce dernier réalise le suivi en régie,
mais plus généralement d'un prestataire extérieur, qualifié dans le
domaine du suivi et qui a été missionné spécifiquement par le maître
d'ouvrage.
Les dispositions inscrites dans le cahier des charges de concession impliquent
l'acceptation par le maître d'ouvrage de la concession d'un certain nombre de droits
relatifs :
• à l' extraction et réutilisation (totale ou partielle) par des tiers du contenu de la
base qu'il aura contribué à alimenter:
- Les données agrégées contenues dans la base sont
rendues intégralement accessibles et exploitables par des
tiers, sous réserve de la citation du producteur des données.
- Les données brutes ne peuvent être extraites et réutilisées
sans le consentement formel du producteur des données.
Celles-ci devront toutefois pouvoir être transférées dans une
base de données interrégionale à constituer.
• à la reproduction et à la diffusion des rapports d'analyse et des bilans du suivi,
La garantie des droits de reproduction et de diffusion
illimités des supports d'études, sous forme matérielle ou
immatérielle, dans leur forme intégrale et non partielle, y compris
donc la citation de ses auteurs.
Lorsque le maître d'ouvrage aura recours à des prestataires extérieurs pour la
réalisation de tout ou partie du suivi des récifs, il devra transposer ces principes
52
d'acquisition des droits de propriétés intellectuelles dans les contrats qui le lieront à
ces prestataires.
53
2.4 - Modalités de traitement de la fin de
concession et condition du renouvellement
Cette dernière partie s'intéresse à l'ultime étape liée au déroulement d'une
implantation de récif artificiel, à savoir l'échéance de son titre d'autorisation
d'occupation domaniale. Cette échéance impose au service gestionnaire du
domaine public maritime de prendre position sur le devenir de l'aménagement
réalisé. Le faible historique existant sur ce sujet, pourtant inévitable pour toutes
implantations, laisse apparaître la prédominance de situations de fait, généralement
plus subies que provoquées.
Les éléments développés ci-après ont pour objet d'apporter des outils d'aide à la
décision pour les services chargés de décider des suites à donner à l'occupation du
domaine public par un récif artificiel. Dans ces développements, il est simultanément
tenu compte des principes généraux de gestion du domaine public maritime, et des
contraintes de fait inhérentes aux aménagements considérés. Les différents cas de
figure potentiels sont identifiés et analysés, de manière à pouvoir proposer des
orientations à même de définir la solution juridique adéquate.
Celle-ci sera, en tout état de cause, déterminée par plusieurs niveaux d'analyse
construits autour de deux questions : l'atteinte des objectifs du récif immergé, et
l'impact comparé du maintien sur site ou de l'extraction.
2.4.1 - Principe de réversibilité
L'immersion de récifs artificiels étant soumise aux principes fondamentaux de
protection de l'intégrité du domaine public, notamment aux articles L 2131-2 et L
2131-3 du Code Générale de la Propriété des Personnes Publiques, la remise en
état du site par le titulaire à l'expiration du titre domanial est la règle qui
s'applique par défaut, de manière générale.
Cette obligation est confirmée par les articles R 2124-2 et R 2124-8 du CGPPP
relatifs aux concessions d'utilisation du domaine public maritime en dehors des
ports.
Ce principe n'implique cependant pas que cette faculté de réversibilité soit mise en
oeuvre, systématiquement et sans discernement, à l'échéance du titre d'occupation
domaniale, par le déclenchement d'une opération d'extraction des récifs artificiels.
Les conditions techniques et financières d'un éventuel retrait des récifs artificiels
immergés doivent faire l'objet d'une justification avant la délivrance de l'autorisation
d'immersion.
54
Dans le cas d'un concessionnaire constitué d'une personne physique ou d'une
personne morale de droit privé, la réversibilité effective des modifications apportées
au milieu naturel sera assurée par la constitution de garanties financières. Celles-ci
doivent par conséquent être évaluées en tenant compte du coût estimé des
opérations de remise en état, de restauration ou de réhabilitation du site.
2.4.2 - Bilan de l'immersion
Dans le cadre de son contrat de concession, le titulaire a l'obligation de produire, à
partir des données du suivi, un bilan de l'immersion des récifs qu'il transmet à
l'autorité concédante au plus tard un an avant le terme de la concession.
Ce bilan doit obligatoirement, à partir de données quantitatives et qualitatives, porter
une appréciation argumentée sur:
- d'une part l'atteinte des objectifs assignés initialement aux récifs immergés,
- d'autre part l'analyse comparée des impacts du scénario de retrait et du scénario
de maintien en place (total ou partiel) du récif au terme de la concession.
La démonstration éventuelle, à travers ce bilan, de l'atteinte des objectifs qui ont
présidé à l'immersion du récif, ou, le cas échéant, le constat de la dynamique en
place permettant de concourir à l'atteinte prochaine de ces objectifs, constituent des
éléments essentiels dans l'analyse et le jugement portés par le service gestionnaire
du domaine public maritime sur une demande de renouvellement d'un titre
d'occupation domaniale.
2.4.3 - Modalités de renouvellement
Lorsque le titulaire d'un titre d'occupation domaniale ou, le cas échéant, un nouvel
organisme, sollicite auprès de l'autorité gestionnaire un renouvellement de ce titre,
cette demande doit être effectuée au plus tard un an avant la date d'échéance de
l'autorisation en vigueur.
La délivrance d'un nouveau titre d'occupation doit permettre de consolider l'acquis de
gestion, y compris lorsque les objectifs de l'immersion ont été parfaitement atteints
au cours de la période d'autorisation précédente.
La demande de renouvellement, comprend en particulier le bilan de l'immersion tel
que défini au 3.4.2.
2.4.4 - Cas du non-renouvellement
Lorsque le titulaire d'un titre d'occupation domaniale n'a pas manifesté au
gestionnaire du domaine public maritime sa volonté de solliciter la délivrance d'un
nouveau titre, ou n'a pas été en mesure de réunir les conditions nécessaires à cette
délivrance, le régime général applicable reste la remise en état du site. Les récifs
55
doivent donc être retirés avant l'échéance de l'autorisation, sauf si le gestionnaire du
domaine public maritime accepte la demande qui lui est faite, de la part du titulaire,
de maintien en l'état du site d'immersion.
Le gestionnaire du domaine public maritime peut accepter le principe d'un maintien
des récifs artificiels, après l'extinction du titre d'occupation, si l'une ou l'autre des
conditions suivantes est satisfaite :
- les objectifs poursuivis à travers l'immersion des récifs ont été
atteints,
- le bénéfice environnemental global du scénario de maintien
total ou partiel des récifs est avéré par rapport à un scénario de
retrait des récifs.
Entrent en considération dans l'appréciation de ce dernier critère, notamment:
- les conditions de sécurisation et de surveillance des structures immergées si elles
sont maintenues dans la durée, au regard des activités pratiquées sur le plan d'eau,
- les matériaux qui composent les structures immergées qui ne doivent pas être
toxiques à moyenne ou longue échéance,
- les impacts importants sur les milieux marins que peut, le cas échéant, entrainer
une extraction totale ou partielle des structures immergées.
Il est souligné que la décision finale du gestionnaire, ne peut intervenir dans tous les
cas de figure qu'avec l'assentiment du préfet maritime, qui, suivant l'article R 152-1
du code du domaine de l'État, doit être demandé pour les « autorisations relatives à
la formation d'établissement de quelque nature que ce soit sur la mer et sur ses
rivages ».
Le fonctionnement de fin de concession détaillé dans les paragraphes précédents
est synthétisé dans un logigramme (page suivante) qui présente les différents cas de
figure possibles.
56
57
2.5 - Propositions de développements issues
de la réflexion stratégique
Le présent document stratégique a été rédigé et conçu sur la base d'une large
concertation, avec l'ensemble des acteurs concernés. Tous les échanges tenus lors
de cette concertation n'ont pas systématiquement connu une traduction sous forme
de conseils à l'instruction, ou de prescriptions des titres de concession. Plusieurs
éléments soulevés lors de la réflexion menée s'inscrivent comme des prolongements
nécessaires à envisager pour finaliser la vision stratégique ici initiée.
Ces prolongements ont pour objectif de pérenniser et valoriser au maximum les
orientations définies. Toutefois, les modalités d'organisation actuelles, et les moyens
existants, n'ont pas permis d'aboutir sur ces développements dans le cadre du
présent travail.
Un champ de réflexions nouvelles se trouve posé. Plusieurs actions publiques,
associant État et autres partenaires, peuvent désormais s'inscrire dans ce
prolongement, de manière à finaliser une vision stratégique partagée sur
l'implantation des récifs artificiels en Méditerranée.
2.5.1 - Constitution d'une base interrégionale de collecte
et de traitement des données de suivi
La constitution d'une base de données unique pour la conservation et la valorisation
des résultats des suivis de récifs artificiels à l'échelle de la façade méditerranéenne
est préconisée. Cette base de données recueillerait et archiverait les résultats de
tous les suivis des récifs artificiels mis en place sur la façade méditerranéenne.
Par ailleurs, il serait pertinent de normaliser le contenu de cette base de données,
afin qu'une analyse des données de suivi à l'échelle de la façade puisse être
effectuée. Cette normalisation porterait sur le format des données, sur leur structure
et sur les fichiers fournis par les maîtres d'ouvrage pour compléter la base de
données.
La convention annexée au titre de concession prévoit, d'ores et déjà, l'obligation de
transfert de la totalité des données brutes issues du suivi, après validation de cellesci
par le maître d'ouvrage, vers cette future base de données interrégionale. Seules
les modalités de la mise en oeuvre effective de cette base de données et de son
fonctionnement restent donc à mettre en place.
Le régime d'extraction et d'utilisation des données issues de cette base est le même
que celui définit au paragraphe 2.3.5.7.
58
2.5.2 - Mise en réseau des animateurs de la gestion des
récifs artificiels à l'échelle de la façade maritime
Une coordination inter-régionale des gestionnaires de « récifs artificiels » est
préconisée, en s'appuyant, le cas échéant, sur des réseaux existants par ailleurs
(comme par exemple celui des aires marines protégées).
Cette coordination associerait gestionnaires, acteurs du site et réseaux scientifiques.
Elle aurait pour tâche de développer l'expertise et la coopération autour de la mise
en oeuvre des modalités de gestion, de la réalisation des suivis et de l'analyse de
leurs résultats.
Une mise en réseau permettrait un partage de l'expérience des différents
intervenants autour des récifs artificiels, que ce soit sur les domaines de la gestion,
de la conception, ou des suivis.
D'autre part, elle rendrait possible une évolution consensuelle des protocoles types
d'acquisition des données de suivi, rendant pérenne une standardisation minimale
des données de suivi.
Enfin, ce réseau d'animateurs constituerait un acteur identifié et qualifié pour
proposer, aux services de l'État, les révisions et adaptations nécessaires de la
stratégie de façade sur les récifs artificiels.
59
3 - Modèle de convention d'occupation
du domaine public maritime type
Le document ci-dessous constitue l'aboutissement de la réflexion stratégique menée
sur l'implantation des récifs artificiels en Méditerranée. Il s'agit d'un modèle type,
rédigé sous forme de convention. Le contenu de cette convention lie le
concessionnaire, maître d'ouvrage du récif, et le concédant (l'État). Il détermine les
droits et obligations juridiques de chacun, en tenant compte des prescriptions du
document stratégique. Ce modèle de convention doit être complété et adapté par le
service instructeur, en fonction de chaque projet. Il a vocation à figurer en annexe de
l'arrêté préfectoral portant concession du domaine public maritime en dehors des
ports.
Les éléments surlignés en jaune dans le document ci-après signalent soit des
commentaires à l'attention du rédacteur de la convention (élément entre [...]),
soit des champs à compléter pour adapter la convention à chaque projet.
60
CONVENTION
ENTRE:
Monsieur le Préfet de XXX
d'une part,
représentant l'État, désigné ci-après par le terme « autorité concédante »,
ET:
[ Préciser ici l'identité du demandeur, personne physique ou morale, statut
public ou privé, et, le cas échéant sa raison social et son immatriculation au
registre du commerce....]
d'autre part,
désigné ci-après par le terme « concessionnaire » ou « titulaire »,
- EXPOSE DES MOTIFS ET CONSIDERANTS -
XXX
XXX
1 - Objet et nature de la concession –
dispositions générales
1.1 - Objet de la concession
La présente convention d'utilisation du domaine public maritime en dehors des ports
a pour objet de fixer les conditions d'octroi au titulaire d'une concession, suivant les
clauses ci-après et suivant la carte jointe en annexe I.1 de la présente conventio,
aux fins de procéder à l'immersion de récifs artificiels
Le projet d’immersion de récifs artificiels porté par le titulaire, et autorisé par la
présente convention, poursuit comme objectif(s):
61
DESCRIPTOIN GENERALE DES OBJECTIFS:
[Ci-dessous, liste des objectifs « élémentaires », qui peuvent être retenus par
le titulaire en référence au paragraphe 1.1.1 du document stratégique; les
objectifs peuvent être cumulés.]
 la reconstitution des biocénoses marines
 la production halieutique
 la protection des biocénoses marines
 le développement d’activités ludiques et/ou pédagogiques
 la recherche et développement.
DESCRIPTION PARTICULIERE DES OBJECTIFS:
[Décrire ici en quelques lignes les objectifs plus précis du projet, situés dans
leur contexte particulier]
XXX
La concession est strictement attachée au concessionnaire, qui ne peut accorder
d’autorisation d’occupation ou d’usage.
La concession n’est pas constitutive de droits réels au sens des articles L 2122-6 et
suivants du CGPPP. Elle n’est pas soumise aux dispositions des articles L145-1 et
L145-60 du code du commerce et ne confère pas la propriété commerciale au
concessionnaire.
1.2 - Nature des aménagements prévus dans le
périmètre de la concession
Le périmètre de la concession est destiné à recevoir l’implantation des ouvrages et
installations suivants:
[Décrire ici les principales caractéristiques des récifs immergés]
Groupe de modules 1, type, matériaux, volume, objectif, substrat support
Groupe de modules 2, type, matériaux, volume, objectif, substrat support
Groupe de modules 3, type, matériaux, volume, objectif, substrat support
L'ensemble de ces caractéristiques est reporté et positionné sur la carte de l'annexe
I.2 « Carte d'implantation des modules sur le site concédé », où figurent également
les principales lignes bathymétriques, la répartition des herbiers et autres substrats
remarquables.
Les ouvrages et installations immergés dans le cadre la présente concession
intègrent les dispositifs techniques assurant la possibilité d'une réversibilité effective
de leur immersion et d'une remise en état du site.
62
1.3 - Dispositions générales
a) Le concessionnaire s’engage à prendre les dispositions nécessaires pour donner
en tout temps libre accès en tout point de la concession aux agents de l'autorité
concédante chargés du contrôle de la concession.
b) Dans le cas d’une concession qui jouxterait le rivage, la continuité de la circulation
du public sur ce dernier en tout temps doit être préservée par le concessionnaire.
c) Sont à la charge du concessionnaire, sauf recours contre qui de droit, toutes les
indemnités qui pourraient être dues à des tiers en raison de la présence des
ouvrages concédés, des travaux de premier établissement, de modification et
d’entretien ou d’utilisation de la concession.
d) En aucun cas la responsabilité de l'autorité concédante ne peut être recherchée
par le concessionnaire, pour quelque cause que ce soit, en cas de dommages
causés à ses installations ou de gêne apportée à leur utilisation par des tiers .
e) Le concessionnaire ne peut élever contre l'État et les collectivités locales aucune
réclamation en raison du trouble qui peut résulter soit de mesures temporaires
d’ordre et de police, soit de travaux exécutés par l'autorité concédante ou les
collectivités locales sur le domaine public.
f) Le concessionnaire est tenu de se conformer aux lois, règlements, et règles
existants ou à venir. Il doit obtenir les autres autorisations nécessaires résultant de
ces lois, règlements et règles.
g) Le concessionnaire est également tenu de se conformer aux prescriptions
relatives :
- à la lutte contre les risques de pollution et de nuisances de toutes sortes pouvant
résulter non seulement de l’exécution des travaux mais de l’exploitation de ses
installations,
- aux mesures qui lui seront prescrites pour la signalisation des ouvrages maritimes,
- aux règles de sécurité relatives à l'utilisation du plan et de la colonne d'eau.
h) Le concessionnaire est également tenu de s’assurer qu'il ne porte atteinte ni à la
gestion ou à la conservation d'une aire marine protégée telle que définie à l'article L.
334-1 du Code de l'Environnement, ni aux espèces protégées telles que définies à
l'article L411-2 du Code de l'Environnement.
63
1.4 - Obligations particulières avant immersion
1.4.1 - Initialisation du dispositif de suivi
Avant les travaux d'immersion, le concessionnaire est tenu d'avoir effectué l' « état
zéro » tel que défini à l'article 3.6.4 de la présente convention.
1.4.2 - Réglementation des usages pendant la période de
jachère
Avant les travaux d'immersion, le concessionnaire est tenu de proposer aux autorités
compétentes des modalités précises d'interdiction ou de restriction des usages
adaptées à la période de jachère décrite à l'article 3.4.2. Ces modalités sont
confirmées, avant immersion, par l'intermédiaire d'arrêtés signés et publiés par les
autorités compétentes.
1.4.3 - Constitution de garanties financières
Si la constitution de garanties financières est requise en application des dispositions
de l'article 4.7 de la présente convention, la preuve de la constitution de ces
garanties financières doit être fournie par le concessionnaire à l'autorité concédante
avant tout début d'exécution des travaux d'immersion .
2 - Exécution des travaux et entretien
des ouvrages
2.1 - Projet d’exécution des ouvrages concédés
Avant les travaux d'immersion, le concessionnaire est tenu de soumettre à l'autorité
concédante en vue de son approbation les projets d’exécution ou de modification
mineure des ouvrages concédés sans que cet agrément puisse en aucune manière
engager la responsabilité de l'autorité concédante. Ces projets doivent comprendre
tous les plans, dessins, mémoires explicatifs nécessaires pour déterminer les
ouvrages et préciser leur mode d’exécution ainsi que les devis estimatifs
correspondants.
Le concessionnaire n’est admis à formuler aucune réclamation au sujet de la
consistance du terrain qu’il est censé bien connaître. L'autorité concédante prescrit
les modifications nécessaires à la bonne utilisation du domaine public maritime.
64
2.2 - Exécution des travaux et entretien des
ouvrages
2.2.1 - Délai d’exécution
Le concessionnaire doit avoir commencé les travaux dans le délai de 12 mois à
compter de l’approbation de la présente convention. Sur justification, l'autorité
concédante peut proroger ce délai. Toutefois, si les travaux d'immersion
n'interviennent pas dans les 5 ans qui suivent la délivrance du titre de concession
valant autorisation d'immersion, une nouvelle procédure d'autorisation et une
nouvelle enquête publique peuvent être nécessaires en application de l'article L123-
13 du Code de l'Environnement.
2.2.2 - Exécution des travaux – entretien des ouvrages
Tous les travaux sont exécutés, conformément aux projets approuvés, en matériaux
de bonne qualité mis en oeuvre en suivant les règles de l’art.
Faute d’exécution à l’échéance du délai fixé à l’article 2.2.1, le concessionnaire est
déchu de tous ses droits pour tout ou partie des ouvrages concédés.
Les ouvrages sont maintenus par le concessionnaire en bon état de façon à toujours
convenir parfaitement à l’usage auquel ils sont destinés. Dans le cas de négligence
de la part du concessionnaire, il peut y être pourvu d’office à la diligence des
représentants de l'autorité concédante et aux frais du concessionnaire, après mise
en demeure adressée par l'autorité concédante et restée sans effets.
2.2.3 - Frais de construction et d’entretien
Tous les frais de premier établissement, de modification et d’entretien sont à la
charge du concessionnaire.
Sont également à sa charge les frais des autres travaux, en lien avec l'objet de la
concession, qu’il pourrait être autorisé à exécuter sur les ouvrages du domaine
public maritime.
65
2.2.4 - Contrôle de la construction et de l’entretien des
infrastructures concédées
Les travaux de construction et d’entretien des ouvrages concédés sont exécutés
sous le contrôle des représentants de l'autorité concédante.
Dès l’achèvement des travaux, les ouvrages concédés feront l’objet de procès
verbaux de récolement, dressés par les représentants de l'autorité concédante sur la
demande du concessionnaire et sur la base des éléments de recollement que ce
dernier aura réunis.
2.2.5 - Réparation des dommages causés au domaine
public maritime
Au fur et à mesure de l’achèvement des travaux, le concessionnaire est tenu
d’enlever les dépôts de toute nature et les ouvrages provisoires et de réparer
immédiatement, en se conformant aux instructions qui lui sont données par les
représentants de l'autorité concédante, les dommages qui auraient pu être causés
au domaine public ou à ses dépendances.
En cas d’inexécution, il peut y être pourvu d’office et à ses frais.
2.3 - Mesures particulières relatives à la
pollution, à la sécurité des usages maritimes
pendant les travaux
2.3.1 - Mesures relatives à la pollution
Le maître d’ouvrage prendra toutes les mesures nécessaires afin d'éviter les
éventuelles pollutions terrestres ou marines liées à la phase chantier.
2.3.2 - Mesure relative à la sécurité des usages maritimes
en phase travaux
Le concessionnaire s'engage à procéder à une évaluation des risques générés par la
phase travaux, notamment vis-à-vis des autres activités maritimes présentes sur le
site. Il s'engage à mettre en oeuvre toutes mesures permettant de limiter ces risques
et à solliciter auprès des autorités compétentes les mesures réglementaires de
régulation des usages nécessaires à la sécurité du plan d'eau concerné.
66
3 - Gestion du site d'immersion
3.1 - Obligation et nature de la gestion
Le concessionnaire s’engage à mettre en place une gestion du site d'immersion.
Cette gestion recouvre cinq catégories d'actions mises en place suite à l'immersion
des premiers récifs et qui seront conduites pendant toute la durée de la concession.
Ces catégories d'actions sont les suivantes :
- la concertation avec les acteurs locaux concernés en vue des prises de décision
relatives à la vie des ouvrages et installations immergés ;
- à l'encadrement des usages sur le site ;
- à la surveillance in situ et à la prévention des situations à risques ;
- au suivi des impacts environnementaux et socio-économiques des structures
concédées, à la capitalisation et au partage de ces informations ;
- à la communication et sensibilisation.
Certaines de ces actions sont à entreprendre avant même l'immersion des premiers
récifs, en application de l'article 1.4.
Sans remettre en cause les grands principes de gestion définis aux articles 3.3 à 3.7
ci-après, et afin d'intégrer le retour d'expérience et les résultats des suivis, les
modalités de mise en oeuvre de la gestion du site pourront être précisées et ajustées
pendant toute la durée du titre d'occupation, à l'initiative ou en accord avec le titulaire
de la présente convention et en concertation avec les professionnels et usagers du
site.
3.2 - Animation de la gestion
Le concessionnaire a la faculté de désigner à tout moment de la durée de la
concession un « animateur », personne morale distincte qu'il charge d'impulser la
dynamique de gestion, de faire fonctionner les instances définies aux articles 3.3 et
3.6, et de mettre en oeuvre les mesures de gestion.
Si un organisme gestionnaire d'un site existe déjà sur le périmètre de la concession,
le concessionnaire s'engage à se rapprocher de cet organisme pour rechercher les
moyens d'une animation unique, ou a minima d'une cohérence et d'une
complémentarité des actions d'animation.
Au moment de la signature de la présente convention :
[Renseigner ici la situation du projet, au regard de la désignation d'un
animateur éventuel, au moment de la signature de la convention]
67
 l'animateur désigné par le concessionnaire est : XXX.........[Compléter]....]
 le concessionnaire n'a pas désigné d'animateur.
Le concessionnaire s'engage à faire connaître à l'autorité concédante toute évolution
concernant la désignation d'un animateur de gestion éventuel.
Dans tous les cas, le concessionnaire reste seul garant de l'obligation de gestion du
site d'immersion au regard de l'administration.
3.3 - Concertation et prises de décision
Le concessionnaire s'engage à assurer la traçabilité des décisions et l'effectivité de
leur mise en oeuvre. Ces décisions s'inscrivent dans le cadre d'une programmation
technique et financière.
Le concessionnaire est tenu de recueillir les avis et de débattre des modalités de sa
gestion au sein d'une instance de concertation large, associant les acteurs
concernés et impactés par des activités liées aux récifs, garantissant une place
privilégiée aux acteurs et usagers de la mer et aux collectivités territoriales ou
établissements publics de coopération intercommunale concernées par le site
concédé.
Le concessionnaire est libre de définir et de faire évoluer le cas échéant au cours du
temps les modalités de fonctionnement et de désignation de cette instance de
concertation. Si une instance de concertation pour la gestion d'un site existe déjà sur
le périmètre de la concession et répond aux exigences énoncées ci-dessus, le
concessionnaire s'engage à se rapprocher de cette instance de concertation pour
rechercher les moyens d'une concertation unique, ou a minima d'une cohérence et
d'une complémentarité des actions de concertation.
Au moment de la signature de la présente convention, l'instance de concertation
retenue par le concessionnaire est la suivante :
[Renseigner ici la composition et les modalités principales de fonctionnement
de l'instance]
Le concessionnaire s'engage à faire connaître à l'autorité concédante toute évolution
concernant la composition ou les modalités de fonctionnement de l'instance de
concertation.
68
3.4 - Encadrement des usages sur le site
3.4.1 – Régulation des usages
Le concessionnaire s’engage à présenter à l'autorité concédante des propositions de
régulation des usages. Ces propositions feront l'objet, à l'initiative de l'autorité
concédante, d'un examen en commission nautique locale.
Les mesures de police qui seraient nécessaires dans l’intérêt de la conservation des
ouvrages, de la faune et la flore marine, de la sécurité publique, de l’encadrement
des usages sur le site, et de l'ordre public, seront prises par les autorités
compétentes.
3.4.2 - Période initiale de préservation, dite de « Jachère »
Une interdiction de l'ensemble des usages extractifs, pendant une période minimale
de 3 ans suivant la date de l'immersion, sera prononcée par voie d'arrêté afin
d'optimiser la colonisation du récif par les espèces animales et végétales marines.
A l'issue de cette période minimale de 3 ans, en fonction des objectifs poursuivis et
tout en cherchant à préserver l'effet « réserve » apporté par la période de "jachère",
le concessionnaire pourra proposer aux autorités concernées une ouverture
progressives aux usages souhaités.
3.4.3 - Principes généraux d'encadrement des usages
Compte tenu des objectifs du projet, au moment de la signature de la présente
convention, les orientations générales retenues au niveau de l'encadrement des
usages,sont les suivantes:
• Axe1: XXX
• Axe 2: XXX
• Axe 3: XXX
• etc…
69
3.5 - Information des usagers, présence sur le
site et prévention des situations à risque
3.5.1 - Informations des usagers et présence sur le site
Le concessionnaire s’engage à organiser l'information des usagers ainsi qu'une
présence sur le site pour surveiller et sensibiliser les usagers selon les modalités
suivantes de présence et de fréquence :
• modalité: XXX
• etc…
3.5.2 - Signalisation maritime
Le concessionnaire s’engage à présenter à l'autorité concédante des propositions de
signalisation maritime. Ces propositions feront l'objet, à l'initiative de l'autorité
concédante, d'un examen en commission nautique locale.
Au cas où des installations de signalisation maritime seraient reconnues
nécessaires, leur mise en place sera effectuée sous le contrôle des représentants
des services de l'État compétent. Il en sera de même en ce qui concerne l’entretien
et le fonctionnement.
Le concessionnaire supportera les frais d’établissement, d’entretien, et de
fonctionnement de ces installations.
3.5.3 - Risques divers – Assurances
Le concessionnaire est tenu de souscrire une assurance qui garantira tous les
risques causés aux installations, ouvrages et matériels lui appartenant ou
appartenant à ses mandants. Il garantira l’État contre le recours des tiers.
Le concessionnaire devra en outre, s’assurer contre tous les risques de
responsabilité civile résultant de son occupation, des travaux entrepris et notamment
pour tous dommages et préjudices pouvant être occasionnés aux biens et aux
personnes par ses installations et matériels de manière à ce que la responsabilité de
l’État ne puisse jamais être engagée pour quelque cause que ce soit.
Ces polices garantiront l’État contre le recours des tiers.
70
3.6 - Suivi du site d'immersion
3.6.1 - Obligation de suivi
Le concessionnaire est tenu de procéder à un suivi du site d'immersion pendant
toute la durée de la concession. Ce suivi consiste à évaluer les effets
environnementaux et socio-économiques des ouvrages et installations immergés.
Les résultats du suivi apporteront en particulier les éléments permettant, en fin de
période de concession, d'établir le bilan de l'immersion, tel que défini à l'article 3.6.8.
Pour conduire, organiser et tirer les enseignements de ce suivi, le concessionnaire
est tenu de s'appuyer sur une instance scientifique chargée d’éclairer les décisions
de gestion au regard de l’évolution des récifs dans leur environnement.
Le concessionnaire désigne et peut faire évoluer librement la composition de cette
instance scientifique, mais il reste garant de la qualification et la pertinence des
membres et personnalités qu'il associe au sein de cette instance scientifique.
Au moment de la signature de la présente convention, l'instance scientifique retenue
par le concessionnaire est la suivante:
[Renseigner ici la composition et les modalités principales de fonctionnement
de l'instance]
XXX
Le concessionnaire s'engage à faire connaître à l'autorité concédante toute évolution
concernant la composition ou les modalités de fonctionnement de l'instance
scientifique.
3.6.2 - Contenu du suivi
Le concessionnaire met en oeuvre un suivi du site d'immersion s'articulant autour
des composantes et des moyens d’acquisition suivants :
[Ci-dessous, liste complète des composantes et des moyens d'acquisition
possibles, en vue d'un choix en cohérence avec les objectifs du récif définis à
l'article 1.1, et conformément au paragraphe 3.3.5.3 et 3.3.5.4 du document
stratégique]
•Suivi de la structure et la qualité des fonds
◦Bathymétrie sonar
71
◦Sédiments
◦Benthos meuble
•Suivi de l'évolution physique des structures immergées (3D)
◦Mesures en plongée
•Suivi ichtyologique
◦Trémail et filet maillant
◦Comptages poissons
◦Acoustique
•Suivi de la faune et de la flore fixée
◦Inventaire semi quantitatif
◦Quadrats photo
◦Grattages
•Suivi des pêches
◦Suivi de l'activité des flottilles et des débarquements
◦Enquête de satisfaction
•Suivi des activités développées sur les récifs artificiels
◦Sémaphores (sous réserve de convention)
◦Survol
◦Enquête auprès des usagers
•Suivi des milieux sensibles d'intérêts patrimoniaux
◦Herbiers de Posidonie
◦Roches et coralligènes
◦Substrats meubles
3.6.3 - Fréquence d'acquisition de données dans le cadre
du suivi
[1er cas: Formulation à retenir dans le cas d'une première concession]
Dans le cadre du suivi et pour l'ensemble des moyens d'acquisition définis à l'article
3.6.2, le concessionnaire acquiert des données au minimum aux occurrences
suivantes:
• troisième année après l’immersion des récifs, « T3 »,
• sixième année après l’immersion des récifs, « T6 »,
• neuvième année après l’immersion des récifs, « T9 » ,
• douzième année après l’immersion des récifs, « T12 » .
[2ème cas: Formulation à retenir dans le cas d'un renouvellement de
concession, sans nouvelle immersion]
72
Dans le cadre du suivi et pour l'ensemble des moyens d'acquisition définis à l'article
3.6.2, le concessionnaire acquiert des données au minimum aux occurrences
suivantes :
• première année après le renouvellement de la concession, « T1 »,
• sixième année après le renouvellement de la concession , « T6 »,
• onzième année après le renouvellement de la concession, « T11 ».
3.6.4 - Initialisation du suivi – « état zéro »
Pour pouvoir mesurer les évolutions, le suivi doit comprendre impérativement un état
« zéro » préalable à l'immersion, qui servira de référence pour le reste du suivi. Pour
constituer cet état « zéro », le concessionnaire pourra s'appuyer sur les éléments
qu'il aura rassemblé pour établir, s'il y a lieu, les études environnementales requises
en application des dispositions du Code de l'Environnement, et sur d'autres études
complémentaires si nécessaires.
L'état « zéro » couvre l'ensemble des composantes du suivi, telles que définies à
l'article 3.6.2, afin de pouvoir mesurer les évolutions pendant toute la durée de la
concession.
Cet état « zéro » concerne également les sites témoins éventuels.
3.6.5 - Sites témoins (article optionnel)
[Choisir l'une des deux options ci-dessous, en fonction ou non de la
désignation de sites témoins dans le dispositif de suivi]
 Sans objet
 Pour faciliter la mise en évidence et la compréhension des évolutions constatées
liées spécifiquement au récif, le dispositif de suivi intègre la mise en place d'un ou
plusieurs site(s) témoin(s), à savoir:
[Désigner et caractériser ici, s'il y a lieu, les sites « témoins retenus» (sites non
aménagés et de nature comparable au site d'implantation des récifs) ]
3.6.6 - Protocoles d’acquisition des données nécessaires
au suivi scientifique
Le concessionnaire est tenu de se conformer au protocole joint en annexe II pour
l’acquisition des données nécessaires au suivi scientifique des récifs immergés dans
le cadre de la concession.
73
Dans le cas où il fait appel à des prestataires pour la réalisation de tout ou partie du
suivi scientifique, le concessionnaire doit inclure le respect du protocole d’acquisition
des indicateurs du suivi scientifique joint en annexe II aux contrats qui le lient à ses
prestataires.
3.6.7 - Propriété intellectuelle des données du suivi
A travers la signature de la présente convention, le concessionnaire accepte le
principe de cession d'un certain nombre de droits de propriété intellectuelle relatifs :
a) à l' extraction et réutilisation par des tiers de tout ou partie de la base de données
qu'il aura constitué dans le cadre du suivi du site d'immersion:
- les données agrégées, contenues dans la base sont rendues intégralement
accessibles et exploitables par des tiers, sous réserve de la citation du producteur
des données,
- les données brutes contenues dans la base sont rendues intégralement
accessibles et exploitables par des tiers, sous réserve de la citation du producteur
des données, à l'exception de celles qui pourraient présenter un caractère
personnalisé et sensible pour les personnes ayant contribué à leur constitution, qui
ne peuvent être dans ce cas extraites et réutilisées sans le consentement formel du
producteur des données.
b) à la reproduction et à la diffusion des rapports d'analyse et des bilans du suivi,
- les droits de reproduction et de diffusion des supports d'études sont illimités, sous
forme matérielle ou immatérielle, dans leur forme intégrale et non partielle, y compris
donc la citation de ses auteurs.
Enfin, le concessionnaire s'engage à indexer les données issues de son suivi dans la
base inter-régionale lorsque celle-ci sera constituée et opérationnelle.
Lorsque le concessionnaire a recours à des prestataires extérieurs pour la
réalisation de tout ou partie du suivi du site d'immersion, il s'engage à transposer ces
principes d'acquisition des droits de propriétés intellectuelles dans les contrats qui le
lient à ses prestataires.
3.6.8 - Bilan de l'immersion
Dans le cadre de son contrat de concession, le titulaire a l'obligation de produire, à
partir des données du suivi, un bilan de l'immersion des récifs qu'il transmet à
l'autorité concédante au plus tard un an avant le terme de la concession définie à
l'article 4.1.
74
Ce bilan doit obligatoirement, à partir de données quantitatives et qualitatives, porter
une appréciation argumentée sur :
– d'une part l'atteinte des objectifs assignés initialement aux récifs immergés, tels
que définis à l'article 1.1 de la présente convention,
– d'autre part l'analyse comparée des impacts du scénario de retrait et du scénario
de maintien en place (total ou partiel) du récif au terme de la concession.
Le bilan de l'immersion est par ailleurs exigible par l'autorité concédante, à l'appui de
l'une ou l'autre des démarches suivantes, entreprises le cas échéant par le
concessionnaire :
– une demande de renouvellement de la concession en vigueur, dans les
conditions définies à l'article 4.1
– une demande de résiliation de la concession en vigueur, dans les conditions
définies à l'article 4.5,
Enfin, l'autorité concédante peut, dans les cas prévus aux articles 4.4 et 4.5, exiger
la production par le titulaire du bilan de l'immersion. Le délai exigé pour la production
du bilan ne peut dans ces circonstances être inférieur à 6 mois.
Dans tous les cas, si le bilan n'est produit et transmis par le concessionnaire dans
les délais requis, il peut y être pourvu d'office aux frais du concessionnaire après
mise en demeure restée sans effet.
3.7 - Communication et sensibilisation des
acteurs
3.7.1 - Restitution des résultats du suivi scientifique
Le concessionnaire s’engage, dans le cadre de l’instance de concertation définie à
l’article 3.3 de la présente convention, à mettre en place la restitution des résultats
du suivi scientifique des récifs implantés sur le site concédé.
D’autre part, ces résultats doivent faire l’objet d’une transmission officielle et
régulière à l'autorité concédante, et ce pendant toute la durée de la concession. Ces
transmissions concernent aussi bien les résultats intermédiaires du suivi réalisé aux
occurrences définies à l'article 3.6.3 que les résultats du bilan de l'immersion défini à
l'article 3.6.8. Ces transmissions interviennent au plus tard dans l'année qui suit celle
de l'occurrence de suivi réalisée.
75
3.7.2 - Principes généraux de communication et de
sensibilisation
Compte tenu des objectifs du projet, au moment de la signature de la présente
convention, les orientations générales retenues au niveau de la communication et de
la sensibilisation des usagers et des publics, sont les suivants :
• Axe1: XXX
• Axe 2: XXX
• Axe 3: XXX
• etc...
4 - Durée de la concession et
dispositions financières
4.1 - Durée de la concession
La présente autorisation est accordée pour une durée de 15 ans à compter de la
date d'effet de l'arrêté de concession.
Toute demande de renouvellement doit être déposée auprès de l'autorité
concédante au plus tard un an avant la date d'échéance de la concession.
4.2 - Devenir des ouvrages et remise en état
des lieux en fin de concession
4.2.1 - Remise en état du site au terme de la concession
Hormis les cas prévus à l'article 4.2.2, au plus tard à l'expiration de la validité du titre
de concession, les ouvrages et installations immergées par le concessionnaire
doivent être intégralement retirés et le site remis en état. Ce retrait et cette remise en
état sont effectués par le concessionnaire et à ses frais, et peuvent comprendre des
travaux de restauration ou de réhabilitation du site lorsqu'il a subi des dégradations
du fait des ouvrages et installations immergés.
Le concessionnaire informe l'autorité concédante de la date du début d'exécution
des travaux de retrait et de remise en état au moins deux mois avant celle-ci.
76
En cas de non-exécution des travaux requis, il peut y être pourvu d'office aux frais du
concessionnaire après mise en demeure restée sans effet. En tout état de cause, le
concessionnaire sortant demeure responsable des ouvrages et installations jusqu'à
leur retrait complet.
4.2.2 - Cas particuliers
Les dispositions de l'article 4.2.1 ci-dessus ne sont pas applicables dans les cas
suivants :
• le concessionnaire a sollicité et obtenu de l'autorité concédante le renouvellement
du présent titre de concession,
• le concessionnaire, ou une autre personne morale a sollicité et obtenu de l'autorité
concédante un titre de concession qui inclut le périmètre de la présente concession
et qui prévoit notamment la reprise en l'état des ouvrages et installations immergés
au titre de la présente concession ,
• le concessionnaire n'a pas sollicité ou n'a pas été en mesure d'obtenir un nouveau
titre de concession, mais il a sollicité et obtenu de la part de l'autorité concédante,
dans les conditions définies à l'article 4.2.3, l'autorisation de maintien en place total
ou partiel des ouvrages et installations immergées au titre de la présente
concession.
4.2.3 - Demande de maintien des ouvrages en fin de
concession
En réponse à une demande formelle du concessionnaire, l'autorité concédante peut
notifier son accord pour le maintien en place, après l'extinction du présent titre de
concession, des ouvrages et installations immergées, si elle considère que l'une ou
l'autre des conditions suivantes est satisfaite :
• les objectifs poursuivis à travers l'immersion des récifs ont été atteints,
• le bénéfice environnemental global du scénario de maintien total ou partiel des
récifs est avéré par rapport à un scénario de retrait des récifs
Entrent en considération dans l'appréciation de ce dernier critère, notamment :
- les conditions de sécurisation et de surveillance des structures immergées si elles
sont maintenues dans la durée, au regard des activités pratiquées sur le plan d'eau,
- les matériaux qui composent les structures immergées qui ne doivent pas être
toxiques à moyenne ou longue échéance,
- les impacts importants sur les milieux marins que peut, le cas échéant, entrainer
une extraction totale ou partielle des structures immergées.
Dans ce cas, l'autorité concédante se trouve, à compter de cette notification,
subrogé à tous les droits du concessionnaire sur les ouvrages et installations
77
immergés, qui sont alors incorporés au domaine public sans qu'il y ait lieu à
indemnité à ce titre ni à passation d'un acte pour constater le transfert.
Il revient au concessionnaire l'obligation de fournir à l'appui de sa demande tous les
éléments objectifs et les arguments permettant à l'autorité concédante de statuer sur
la satisfaction aux critères énoncés ci-dessus, en remettant notamment à l'autorité
concédante le bilan de l'immersion tel que défini à l'article 3.6.8. En cas de nonproduction
des éléments et argumentaires requis pour justifier sa demande, il peut y
être pourvu d'office aux frais du concessionnaire après mise en demeure restée
sans effet.
4.3 - Modification des ouvrages en cours de
concession
Toute modification des ouvrages permanents existants doit être autorisée par arrêté
modificatif du préfet sur demande présentée au Directeur Départemental des
Territoires et de la Mer compétent. Le concessionnaire peut entreprendre les travaux
relatifs à l'entretien courant ou à la remise en état après dommage accidentel, sans
autorisation spécifique au titre du code général de la propriété des personnes
publiques, mais dans le respect des conditions définies par les articles L214-1 à 6 du
code de l'environnement.
4.4 - Retrait ou révocation de la concession
Les dispositions du présent article s'appliquent dans les conditions définies :
- par les articles L 2122-1 à L 2122-3 du CGPPP, qui fixent les règles générales
d'occupation du domaine public et mentionnent son caractère précaire et
« révocable », complétés par les articles A 26 à A 28 du code du domaine de l'État,
relatifs au retrait ou à la révocation des autorisations;
- par l'article L 2125-6 du CGPPP, qui fait référence à un « retrait » de l'autorisation
avant le terme prévu, pour un motif autre que l'inexécution de ses clauses et
conditions ;
- par les articles R 2124-1 à R 2124-12 du CGPPP, relatif aux concessions
d'utilisation du domaine public maritime en dehors des ports, et notamment l'article R
2124-9, 4ème alinéa.
78
4.4.1 - Retrait de la concession pour un motif d'intérêt
général
La mise en oeuvre par l'autorité concédante des mesures indispensables à la
conservation du domaine public maritime n'ouvre pas droit à indemnité au profit du
concessionnaire.
A quelque époque que ce soit, l'autorité concédante a le droit de retirer la
concession dans un but d'intérêt général moyennant un préavis minimal de six mois.
Dans ce cas, il est dressé contradictoirement la liste des diverses installations telles
qu'elles ont été construites en référence à l'article 1er ci-dessus.
Au vu de cette liste, l'autorité concédante verse au concessionnaire évincé une
indemnité égale au montant des dépenses exposées pour la réalisation des
installations subsistant à la date du retrait, déduction faite de l'amortissement.
L'amortissement est réputé effectué par annuité égale sur la durée normale
d'utilisation, cette durée ne pouvant en tout état de cause dépasser celle restant à
courir jusqu'au terme de la concession.
L'indemnité allouée ne pourra au surplus être supérieure à la valeur des installations
figurant au bilan, déduction faite des amortissements correspondants réellement
pratiqués.
Le règlement de cette indemnité vaut acquisition des biens sur lesquels elle porte.
4.4.2 - Révocation de la concession
La concession peut être révoquée après une mise en demeure par simple lettre
recommandée restée sans effet, soit à la demande du service de France Domaine
en cas d'inexécution des conditions financières, soit à la demande du représentant
de l'autorité concédante en cas d'inexécution des autres conditions de la présente
convention.
L'autorité concédante fixe une date d'effet de révocation compatible avec les
obligations du concessionnaire, notamment au titre des articles 4.2 et 3.6.8 .
La concession peut être révoquée dans ces conditions, notamment :
• en cas de cession partielle ou totale de la concession
• en cas d'usage de la concession à des fins autres que celles pour lesquelles elle a
été accordée
• en cas de non exécution des travaux prévus à l'article 2.2 de la présente
convention
• en cas d'absence, ou de non conformité, des modalités de gestion ou de suivi
prévues dans la présente convention
79
En aucun cas le concessionnaire ne peut prétendre à une indemnité de quelque
nature que ce soit et notamment celle prévue à l'article 4.4.
Les redevances payées d'avance par le concessionnaire restent acquises à l'autorité
concédante sans préjudice du droit, pour ce dernier, de poursuivre le recouvrement
de toutes sommes pouvant lui être dues.
4.5 - Résiliation à la demande du
concessionnaire
Le concessionnaire peut demander la résiliation de la concession avant le terme
prévu, tel que défini à l'article 4.1. L'autorité concédante n'est pas tenue de procéder
à cette résiliation. Si elle accède à la demande de résiliation du concessionnaire,
l'autorité concédante fixe une date d'effet de résiliation compatible avec les
obligations du concessionnaire, notamment au titre des articles 4.2 et 3.6.8.
4.6 - Redevance domaniale
[En fonction de l'appréciation du service de France Domaine, choisir ci-après
l'option retenue. L'occupation du domaine public ne donne pas
systématiquement lieu au paiement d'une redevance. Des exceptions sont
envisageables notamment lorsque l'occupation ou l'utilisation contribue
directement à assurer la conservation du domaine public lui-même ou quand
les titulaires de l'occupation sont des « associations à but non lucratif qui
concourent à la satisfaction d'un intérêt général »]
 En application des articles L 2125-1 à L 2125-6 du CGPPP, il n'est exigée de
redevance pour l'occupation du domaine public.
 En application des articles L 2125-1 à L 2125-6 du CGPPP, une redevance pour
l'occupation du domaine public est fixée à XXX par an.
Elle est exigible le 1er janvier de chaque année et est payable au Trésorier Payeur
Général sans intérêts moratoires jusqu'au 30 juin.
Elle est révisable chaque année, par application de la formule suivante :
Rn=R(n-1) x ln
l(n-1)
dans laquelle,
80
Rn = montant de la redevance exigible pour l'année considérée,
R (n-1) = montant de la redevance précédente,
In = indice national de travaux publics TP 02 ouvrages d'art en sites terrestres,
fluviaux ou maritimes et fondations spéciales (publié au Bulletin officiel de la
Concurrence et de la Consommation) connu au 1er janvier de l'année précédente.
La première redevance relative à la création, ou à toute modification entraînant un
accroissement de l'assiette de la redevance, à concurrence dudit accroissement, est
calculée et recouvrée dans les conditions particulières suivantes : elle doit être
acquittée dans un délai de soixante jours à compter de la date de notification de
l'acte de concession ; son montant est réduit à une fraction de la redevance annuelle
correspondant au nombre de mois entiers compris entre le point de départ de la
concession et la fin de ladite année, les fractions de mois étant négligées.
Dans les cas prévus à l'article 5.3 du présent cahier des charges, l'arrêté de
modification doit indiquer le montant de la nouvelle redevance.
En cas de retard dans le paiement de la redevance à l'échéance, celle-ci portera
intérêts de plein droit à partir de la date d'exigibilité au taux prévu en matière
domaniale, sans qu'il soit nécessaire procéder à une mise en demeure quelconque
et quelle que soit la cause du retard. Les fractions de mois seront négligées par le
calcul des intérêts. Les intérêts dus à chaque échéance se portent eux-mêmes
intérêt au même taux à partir du jour de cette échéance jusqu'au jour du paiement,
pourvu qu'il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière.
Afin d'assurer la réversibilité effective des modifications apportées au milieu naturel,
la constitution de garanties financières dont le montant est établi compte tenu du
coût estimé des opérations de remise en état, de restauration ou de réhabilitation du
site.
4.7 - Garanties financières (article optionnel)
[Choisir ci-après l'option retenue. En application de l'article R 2124-8 du
CGPPP, si le concessionnaire est une personne physique ou une personne
morale de droit privé, il est possible d'exiger la constitution de garanties
financières. Dans le cas contraire, il n'est pas possible d'exiger ces garanties,
et l'option à retenir ci-après est nécessairement « Sans objet »]
 Sans objet.
 Afin d'assurer la réversibilité effective des modifications apportées au milieu
naturel, le concessionnaire doit constituer un cautionnement d’un montant de XXX
euros ou présenter pour un même montant une caution personnelle et solidaire
agréée, en garantie auprès de l'autorité concédante.
Les dépenses qu’entraîneraient les mesures prises aux frais du concessionnaire, en
application de l'article 4.2 du présent cahier des charges, sont prélevées sur ce
cautionnement.
81
Le cautionnement est restitué au concessionnaire en fin de concession, déduction
faite des montants éventuellement prélevés en application des dispositions cidessus.
L'autorité concédante peut refuser la restitution de cette caution jusqu'à
l'achèvement des travaux éventuellement entrepris au titre de l'article 4.2.
Lorsque le concessionnaire est une personne morale de droit privé, l’acte constitutif
de cet organisme doit mentionner qu’il ne peut en aucun cas être librement dissous
par les associés avant que les dettes qu’il peut avoir vis-à-vis de l'autorité
concédante soient complètement apurées.
Toutefois, en cas de déchéance, le cautionnement restera définitivement acquis à
l'autorité concédante.
5 - Dispositions diverses
5.1 - Notifications administratives
Le concessionnaire fait élection de domicile à XXX. Il doit en outre désigner sur
place un représentant qualifié pour recevoir au nom du concessionnaire toutes
notifications administratives. A défaut de cette désignation, les notifications sont
faites à XXX.
5.2 - Réserve des droits des tiers
Les droits des tiers sont et demeurent expressément réservés.
5.3 - Frais de publicité, d’impression, de
timbres et d’enregistrement
L’arrêté approuvant la convention de concession est publié au recueil des actes
administratifs de la préfecture de XXX. La convention de concession peut être
consultée en préfecture.
L’arrêté préfectoral portant octroi de la concession est également soumis aux
mesures de publicités suivantes :
• Publication par voie de presse suivant un avis publié dans deux journaux à
diffusion respectivement locale et régionale habilités à recevoir des annonces
légales. L’avis mentionne les caractéristiques principales de la demande.
82
• Publication par voie d’affichage pendant une durée de quinze jours en mairie de
XXX. L’accomplissement de cette mesure de publicité est certifié par le maire.
Les frais de publicité et d’impression de la présente convention et de ses annexes
ainsi que des avenants éventuels sont à la charge du concessionnaire.
Les droits fiscaux portant éventuellement sur ces pièces sont également supportés
par le concessionnaire.
Liste des annexes à la convention
Annexe I.1 – Carte de situation du site concédé
Annexe I.2 – Carte d'implantation des modules sur le site
concédé
Annexe II – Protocole d’acquisition des indicateurs du suivi
83
4 - Annexes
4.1 - Protocoles de suivi scientifique
84
Composantes Moyens d'acquisitions Protocole acquisition Période acquisition
Suivi Ichtyologique
Pêches expérimentales
Acoustique
Période échantillonage sur 24h
Comptages poissons
Suivi des pêches
1) Analyse de données de référence collectées de façon institutionnalisée
2) Enquêtes sur les lieux de débarquement et de vente directe :
Enquête de perception
Inventaire SemiQ
Quadrats photo 1 campagne autour de juin
Grattages 3 grattages par RA suivi (300 cm2)
- 1 filet trémail, maillage adapté aux pratiques locales
- 1 filet maillant, maillage adapté aux pratiques locales
- 12h de calage de nuit
- récif artificiel isolé : 500m de filet centrés sur le récif artificiel, 500 m de filets à l'exterieur
- Village de récifs artificiels : 500m de filets dans le village, 500 m de filets à l'extérieur du village
- 6 réplicas par campagne
2 campagnes / an (en été)
1 campagne / an (en été)
Durée et parcours adaptés au comportement des espèces et à la taille des récifs artificiels
Récif artificiel jusqu'à 100m3 : 1 observateur suffit
Récif artificiel de 100 à 300m3 : 2 observateurs
Récif artificiel > 300 m3 : Transects sur la totalité de la plus grande longueur du récif artificiel , 2 observateurs, largeur de l'observation en
fonction de la visibilité: 2 à 5 m, estimée par les plongeurs lors de la sortie puis noté (pour l'exploitation des données)
Réplicas : 3 / situation de RA
2 campagnes / an (en été)
Suivis de l'activité des flottilles et des
débarquements
Activité des flotilles (données navires) :
Fichier " Flotte de pêche communautaire " (FPC)
(données gérées par les services de l'Etat)
mise à jour annuelle du fichier par le CRPMEM dans le cadre de sa mission de gestion des licences de pêche et d'observatoire
Données annuelles
Capture et effort de pêche :
- Données de déclaration de captures et d’effort de pêche renseignées par les professionnels (données gérées par les services de
l'Etat et par FranceAgrimer)
- pour les navires de 10 m et plus : obligations réglementaires communautaires (journaux de bord)
- pour les navires de moins de 10 m : obligations nationales (fiches de pêche)
- déclarations des navires enregistrées par jour (marée) engin, secteur de pêche et espèce
- Données de ventes en criée et hors criées (déclaration taxe de débarquement) de chacun des navires en poids et en valeur par espèce
et par lieu de vente (données issues des criées, gérées par le réseau InterCriées de FranceAgrimer)
Données annuelles
Données socio-économiques :
Données des "Enquêtes économiques" réalisées chaque année par les observateurs du Système d’Information Halieutique (SIH) de l’Ifremer
pour tous les navires inscrits au fichier "Flotte nationale", à partir des données déclaratives et de ventes mais aussi d'enquêtes directes
auprès des armateurs
(données gérées par le Service d'Economie Maritime d'Ifremer)
Nb : pas de transmission de données individuelles : seules des données agrégées selon les règles du secret statistique peuvent être
transmises
Données annuelles
Distribution des flotilles :
- Données sur la fréquentation des zones côtières, par des survols aériens,
(données gérées par l'Agence de l'Eau RMC)
- Données du système de surveillance des navires par satellite (VMS : Vessel Monitoring System) mis en place dans le cadre d'un
règlement communautaire pour tous les navires de plus de 15 mètres (+ de 12 m dès 2012) (données gérées par la DPMA
Données annuelles
1) d'une carte des zones de pêche : à élaborer pour chaque site en collaboration avec les partenaires locaux ,
2) d'une fiche de pêche
3) d'une liste d'espèces "témoins"
4) + photos de l'étal en cas de vente directe sur les quai
2 campagnes de 4 semaines par an : mai-juin
et septembre-octobre pour les années : 4- 7-10-
15
3 visites par site de débarquement et par
semaine soit en tout 24 visites par an et par
site
Enquêtes de perception, auprès des pêcheurs professionnels à partir :
1) d'un questionnaire type
2) d'une carte délimitant au maximum 8 zones sur le territoire de la prud'homie
100 % des pêcheurs de la prud'homie
sur la base des fichiers "navires" mis à jour par
le CRPMEM-LR
Suivi des faunes et flore
fixées
1 inventaire semiquantitatif
par RA suivi
10 quadrats photos de 20x30cm² par RA (5 surfaces horizontales + 5 verticales)
85
86
87
88
Sémaphore ou autre comptage direct En continu, tout au long de l'année
survol
Enquête auprès des usagers
Suivi de l'évolution physique des structures immergées 1 série de mesure par récif artificiel suivi à chaque intervention en plongée A chaque plongée pour les autres prestations
Bathymétrie/sonar Toute la concession avec un minimum de 500 m autour des récifs artificiels 1 campagne (Printemps)
Sédiment
Printemps
Printemps
Benthos de substrat meuble
1 campagne début été autour de juin
Suivi des activités
développées sur les
récifs artificiels
2 zones suivies :
- Concession
- Zone témoin de même surface
Comptage des bateaux dans chaque zone 2 fois par jour en ciblant les périodes de fréquentation maximale
Mobilisation possible des 4 sémaphores de la région
Convention idéale: 2 vols par semaine, jours creux (ex: mardi) + jours pleins (ex: dimanche)
Effort d'échentillonnage supérieur en été (ex: tous les jours ?)
Couloirs d'observations: de la côte à 5-6 milles au large (plus si RA profonds)
Convention plus raisonnable: 1 observation / 15 jours
Plusieurs fois pendant l'été
Couloir d'observation: 0-5milles
En parallèle des campagnes de survols de
l'Agence de l'Eau
Enquêtes auprès d'autres usagers de la bande côtière, sur la base d'un questionnaire type (cf. annexe)
1- maitrise d'ouvrage (mairie, syndicat mixte, association...) : élus, responsables techniques,
2- gestionnaires (opérateurs Natura 2000, organisations professionnelles, associations locales ...)
3- usagers maritimes de la zone de récifs : plaisanciers, plongeurs (clubs), pêcheurs de loisir
4- grand public s'il y a eu une campagne d'information ou de sensibilisation (animation) autour de l'aménagement (mobilisation des scolaires,
expositions …)
minimum 3 personnes pour les catégories de
population 1 et 2
minimum 30 personnes pour les catégories de
population 3 et 4
Échantillon à adapter au pro rata de la
population ciblée
Suivi de la structure et de
la qualité des fonds
Prélèvement à la benne Van Veen (0,1 m²)
1 benne par station
Etat initial : 2 stations par tranche bathymétrique de 5m ou par grand faciès sédimentaire dans la concession
Suivi : 1 radiale de 5 stations par RA suivi en aval du courant (0m, 20m, 50m, 100m, 200m du RA)
Mesure du potentiel d'oxydo-réduction à la sonde
2 carottes par benne : Profil redox sur tous les 2cm sur 10-15 cm de profondeur sédimentaire
Prélèvements à la Benne Van Veen (0,1 m2)
3 bennes par station
Etat initial : 2 stations par tranche bathymétrique de 5m ou par grand faciès sédimentaire dans la concession
Suivi : 1 radiale de 5 stations par RA suivis
Printemps (même campagne que les
sédiments)
Suivi des milieux
sensibles d'intérêt
patrimonial
Suivi Herbiers de posidonies
Suivi basé sur le protocole DCE adapté à la région où le suivi est mis en place (LR ou PACA)
Transects ou cadres permanents de 50 m de long, matérialisés par des câbles ou des balises
20 quadrats de 20x30cm²
15 pieds de posidonies prélevés pour la biométrie et les épiphytes
1 campagne au printemps (autour du mois
d'avril)
Suivi de roches naturelles et de
coraligènes
Inventaire invertébrés et flore en plongée à l'air
1 inventaire semi-quantitatif
le long de 3 transects permanents de 2x10m2 et matérialisés par des câbles ou des balises
Comptage de la mégalofaune benthique
Individus individualisables et présentant des densités mesurables (<100 ind) le long des 3 transects (2x10 m² chacun)
Quadrats photos pour la petite faune/flore fixée
5 quadrats photos de 20x30cm² par transect
Comptages visuels des poissons
Plongée de 30 minutes à l'air
1 comptage dans la zone des transects
4.2 - Tableau récapitulatif des procédures et
formalités applicables aux récifs artificiels,
issues du Code de l'Environnement (C.E.)
89
4.3 - État des lieux des suivis scientifiques
réalisés sur les récifs existants
90
91
92
4.4 - Évaluation des coûts de gestion
Le travail qui suit est une simulation des coûts engendrés par la gestion d’un site
d’immersion de récifs artificiels. Elle a été réalisée afin de fournir un éclairage et une
base de réflexion lors de la seconde séance du groupe de travail « gestion »du 26
mai 2011. Cette simulation est reproduite ici à titre purement indicatif, et n'entend
nullement constituer une norme pour la définition d'une politique de gestion, à
travers un encadrement des coûts .
Cette simulation du coût de gestion n'intègre pas le coût du suivi scientifique du récif,
qui fait l'objet d'une évaluation distincte, présenté dans l'annexe 4.4.
Cette simulation est basée sur 4 scenarii, reprenant plusieurs variables possibles :
l’intégration de la gestion au sein d'une structure existante ou la création d’une entité
de gestion dédiée, et l’intensité des usages et des enjeux sur la zone. Le tableau ci
dessous présente les quatre scenarii :
Malgré le fait que peu de zones sur la façade méditerranéenne présentent de faible
diversité et intensité d’usage, la variable de l’intensité des usages est apparue
pertinente. Elle permet de différencier les situations où les acteurs de la gestion
seraient contraints à engager un maximum de moyens pour permettre la résolution
des conflits d’usages liés au récif sur la zone, et les situations l’immersion ne permet
pas de prédire l’apparition de conflits d’usages notables.
Les scenarii sont ensuite construits par poste, regroupant les dépenses
caractéristiques de gestion, telles qu’elles sont susceptibles d’être mises en place
dans le cadre de la stratégie objet du présent document. Sont recensés dans ces
postes les frais de personnel, les moyens en mer, la communication, le balisage et
l’animation de la gestion. La durée de concession sur laquelle sont calculés les coûts
est de quinze ans.
La constitution des dépenses par poste est explicitée au sein du tableau ci
dessous :
93
Les coûts totaux et annuels de gestion sont donc calculés et mis en rapport sur le
graphique ci dessous. On peut constater le surcoût logique lié à l’implication plus
forte de la structure sur des sites à forts enjeux. Le moindre coût de l’intégration des
frais et du fonctionnement de la gestion à une organisation existante est
remarquable, et ce pour tous les types de territoires (entre 50 et 60% de surcoût
pour le montage d’une gestion de toute part).
94
Derrière l’influence sur les montants totaux qu’ont ces différentes modalités de
gestion, il est possible de s'interroger sur la répartition des coûts entre les différents
postes. Cette répartition peut par ailleurs varier en fonction de l'organisation de
gestion choisi (structure dédiée, ou intégration à une structure existante).
La part la plus conséquente des dépenses reste, quels que soient les cas, la part
des frais de personnel. Elle passe cependant de quelques 80% dans le cas d'une
structure de gestion dédiée sur un site peu conflictuel, à 55% pour une gestion
soutenue par une structure existante sur un site aux forts enjeux.
95
4.5 - Évaluation des coûts des suivis
scientifiques
Le travail qui suit présente une simulation des coûts engendrés par le suivi d’un site
d’immersion de récifs artificiels. Cette simulation a été réalisée afin de fournir un
éclairage et une base de réflexion lors de la seconde séance du groupe de travail
« suivi des récifs » du 31 mai 2011. Cette simulation est reproduite ici à titre
purement indicatif, et n'entend nullement constituer une norme pour la définition
d'une politique de suivi, à travers un encadrement des coûts.
Cette simulation du coût de suivi, est à rapprocher de l'évaluation des autres coûts
de gestion présentée dans l'annexe 4.3.
Pour mémoire, le contenu du suivi est défini par le concessionnaire en fonction
notamment des objectifs de son projet d'immersion. Le concessionnaire dispose
d'une lattitude dans le choix des composantes du suivi, dont certaines sont dites
« obligatoires » ou simplement « préconisées », en fonction des objectifs du projet
(cf chapitre 2.3.5.3 du présent document).
Par ailleurs, le concessionnaire dispose d'une lattitude dans le choix des moyens
d'acquisition des données qui alimenteront chaque composantes du suivi. Seuls
certains moyens d'acquisition sont dits « minima » , c'est à dire obligatoires pour
chacune des composantes activées du suivi.
La présente simulation repose sur la traduction financière de deux scénarii:
Scénario « Haut », qui combine, sur la durée de la concession (15 ans):
– l'analyse des composantes « obligatoires » ou même simplement
« préconisées », y compris la composante relative au suivi d’un milieu
sensible d’intérêt patrimonial, en considérant qu'un tel milieu existe à
proximité et qu'il ne fait pas déjà l'objet d'un suivi par ailleurs,
– l’utilisation de tous les moyens d’acquisitions définis dans les protocoles (cf.
chapitre 2.3.5.5), correspondant à chacune des composantes activées
Scénario « Bas », qui combine, sur la durée de la concession (15 ans):
– l'analyse des composantes « obligatoires » uniquement, en considérant
qu’aucun milieu sensible d’intérêt patrimonial n’est situé à proximité ou que ce
dernier est suivi par ailleurs,
– l’utilisation uniquement des moyens d’acquisition « minimum », associés à
chacune des composantes activées
96
Ainsi, le récapitulatif des moyens de suivi associés à chaque scénario est fourni par
le tableau suivant:
97
98
Par ailleurs, Les scénarios « Haut » et « Bas » pour les moyens d'acquisition sont à
décliner suivant deux cas de figures, qui induisent des fréquences d'acquisition de
données différentes (cf. chapitre 2.3.5.6):
1er cas - Première délivrance d'un titre de concession, la fréquence minimum
d'acquisition de données étant dans ce cas: T0, T3, T6, T9, T12;
2ème cas - Renouvellement de titre de concession, sans nouvelle immersion,
la fréquence minimum d'acquisition de données étant dans ce cas: T1, T6, T11;
Enfin, les simulations financières sont établies à partir de coûts unitaires indicatifs,
proposés au regard des modalités d'acquisition décrites dans les protocoles, et au
regard du suivi d'un village de récifs:
99
Indicateurs Moyens d'acquisitions Exraits du protocole Coûts unitaires d'une campagne sur un village
Bathymétrie/sonar 1 campagne au printemps 50 Ha, 5 jours d'ingénieur, 8000 euros
Sédiment 1 campagne au printemps 1 jour de bateau, 1 ingénieur de terrain, 3 jours de
traitement de données, 4050 euros
Benthos meuble 1 campagne au printemps 1 jour de bateau, 1 ingénieur de terrain, analyses, 3 jours
de traitement de données, 7050 euros
Suivi de l'évolution physique des
structures immergées Structure 3D A chaque plongée pour les autres
prestations
2 plongeurs, 1 jour de bateau, 1 jour de traitement de
données, 2650 euros
Trémail + maillant 2 campagnes / an (en été)
Achat d'un tremail et d'un filet maillant, deux filets posés
par intervention, 12 jours de bateau, 12 jours d'ingénieur
terrain, 4 jours de traitement de données, 11500 euros
Acoustique 1 campagne / an (en été) 20650 euros
Comptages poissons 2 campagnes / an (en été) 1 jour de bateau, 2 jours d'ingénieur terrain, 3 jours de
traitement de données, 7250 euros
Suivi de l'environnement
Suivi ichtyologique
Composantes Moyens d'acquisitions
Scénario
haut
Scénario
bas
Scénario
haut
Scénario
bas
Scénario
haut
Scénario
bas
Scénario
haut
Scénario
bas
Bathymétrie/sonar X X X X
Sédiment X X X X X X X X
Benthos de substrat meuble X X X X X X X X
Suivi de l'évolution physique
des structures immergées (3D) Mesures en plongée X X X X X X X X
Trémail + maillant X X X X
Comptages poissons X X X X
Acoustique X X
Inventaire Semi-Quantitatif X X X X
Quadrats photo X X X
Grattages X X X
Suivis de l'activité des flottilles et des
débarquements X X
Enquête "de satisfaction" X
Sémaphores ou autres comptages directs X X X X
Survol X X X X
Enquête auprès des usagers X X X X X X X X
Herbiers de Posidonie
Roches et coralligène
Substrat meuble
LEGENDE:
Objectif
Restauration
Objectif Ludique
et pédagogique
X X X X
Objectif
Halieutique
Objectif
Protection
Moyen d'acquisition minimum à mettre en place si la
composante du suivi est activée
Suivi de la structure et la qualité
des fonds
Suivi ichtyologique
Suivi de la faune et de la flore
fixée
Suivi des pêches
Suivi des activités développées
sur les RA
Suivi de milieux sensibles
d'intérêt patrimonial
A partir de ces hypothèses, il est possible d'estimer le coût sur 15 ans du suivi d'un
site d'immersion.
Par exemple, l'évaluation du coût d'un suivi « scénario Haut », pour un récif à
vocation de « restauration », pendant les 15 années d'une première concession, se
présente de la façon suivante:
100
Inventaire Semi-Quantitatif 1 campagne autour de juin 1 jour de bateau, 2 jours d'ingénieur terrain, 3 jours de
traitement de données, 6600 euros
Quadrats photo 1 campagne autour de juin 3 jours de traitement de données, 3900 euros
Grattages 1 campagne autour de juin 2 jours de traitement de données, 7100 euros
Suivis de l'activité des
flottilles et des
débarquements
2 campagnes de 4 semaines par an :
mai-juin et septembre-octobre
3 visites par site de débarquement et
par semaine soit en tout 12 visites
par campagne et par site
7400 euros
Enquête "de satisfaction"
100 % des pêcheurs de la prud'homie
sur la base des fichiers "navires" mis
à jour par le CRPMEM-LR
3900 euros
Sémaphore En continu, tout au long de l'année 1 déplacement, 4 jours d'ingénieur, 3000 euros
Survol
En parallèle des campagnes de
survols de l'Agence de l'Eau 1 déplacement, 6 jours d'ingénieur, 4800 euros
Enquête auprès des usagers
minimum 3 personnes par catégorie
de population 3900 euros
Herbiers de Posidonie 1 campagne au printemps (autour du
mois d'avril)
2 jour de bateau, 2 plongeurs par jour, 8 jours d'ingénieur
traitement de données, 10 000 euros
Roches et coralligène 1 campagne en mai juin 2 jour de bateau, 6 plongeurs par jour, 10 jours d'ingénieur
traitement de données, 12500 euros
Substrat meuble 1 campagne en mai juin
2 jour de bateau, 3 jours d'ingénieur de terrain, 300 euros
de matériel, 10 jours d'ingénieur traitement de données,
17000 euros
Suivi des activités développées sur les
récifs artificiels
Suivi des milieux sensibles d'intérêt
patrimonial
Suivi des faunes et flores fixées
Suivi des pêches
Indicateurs Moyens d'acquisitions Récap. Témoin T0 T3 T6 T9 T12 TOTAL PU Montant
Bathymétrie/sonar X ZS 1 1 1 1 1 5 8 000 40 000
Sédiment X ZS 1 1 1 1 1 5 4 050 20 250
Benthos de substrat meuble X ZS 1 1 1 1 1 5 7 050 35 250
Suivi de l'évolution physique des
structures immergées (3D) Mesures en plongée X - 1 1 1 1 1 5 2 650 13 250
Trémail + maillant X ZR 2 2 2 2 2 10 11 550 115 500
Acoustique X ZR 1 1 1 1 1 5 20 650 103 250
Comptages poissons X ZR 2 2 2 2 2 10 7 250 72 500
Inventaire Semi-Quantitatif X ZR 1 1 1 1 1 5 6 600 33 000
Quadrats photo X ZR 1 1 1 1 1 5 3 900 19 500
Grattages X ZR 1 1 1 1 1 5 7 100 35 500
Suivis de l'activité des flottilles et
des débarquements - 0 7 400 0
Enquête "de satisfaction" - 0 3 900 0
Sémaphore X - 1 1 1 1 1 5 3 000 15 000
Survol X - 1 1 1 1 1 5 4 800 24 000
Enquête auprès des usagers X - 1 1 1 1 1 5 3 900 19 500
Herbiers de Posidonie 5 10 000 50 000
Roches et coralligène 0 12 500 0
Substrat meuble 0 17 000 0
119 300 119 300 119 300 119 300 119 300 Total: 596 500
1 1 1 1 1
Suivi de la structure et la qualité
des fonds
Suivi de milieux sensibles
d'intérêt patrimonial X -
Suivi ichtyologique
Suivi des pêches
Suivi de la faune et de la flore
fixée
Suivi des activités développées
sur les RA
Il est possible de présenter le résultat des ces simulations en considérant la
fourchette financière qu'établissent le « scénario haut » et le « scénario bas » pour
chaque situation du récif:
Si on traduit ces fourchettes en coûts moyens annuels pour un suivi d'une durée de
15 ans, les résultats se présentent de la façon suivante:
101
Scénario "Haut" Scénario "Bas" Scénario "Haut" Scénario "Bas"
Halieutique 46 000 € 23 350 € 27 600 € 14 010 €
Restauration 39 767 € 20 617 € 23 860 € 12 370 €
Ludique/pédagogique 20 350 € 5 883 € 12 210 € 3 530 €
Protection 14 483 € 5 883 € 8 690 € 3 530 €
Objectif
Renouvellement Première concession concession
Coût annuel moyen
Evaluation du coût total d'un suivi sur 15 ans
(1ère concession)
0
100 000
200 000
300 000
400 000
500 000
600 000
700 000
800 000
Halieutique Restauration Ludique et
pédagogique
Protection
Objectifs
Fourchette indicative en

Evaluation du coût total d'un suivi sur 15 ans
(Renouvellement concession)
0
100 000
200 000
300 000
400 000
500 000
600 000
700 000
800 000
Halieutique Restauration Ludique et
pédagogique
Protection
Objectifs
Fourchette indicative en

Enfin, la représentation de la part prise par chaque composante dans le coût global
du suivi est la suivante:
En particulier, lorsqu'elle est activée, la composante « Suivi ichtyologique » occupe
une part prépondérante dans l'évaluation du coût du suivi.
102
0
100 000
200 000
300 000
400 000
500 000
600 000
700 000
Total en
€ sur 15 ans
Halieutique Res tauration Ludique et
pédagogique
Protection
Structure du coût d'un suivi de récifs (Scénario "Haut")
0
100 000
200 000
300 000
400 000
500 000
600 000
700 000
Total en
€ sur 15 ans
Halieutique Res tauration Ludique et
pédagogique
Protection
Structure du coût d'un suivi de récifs (Scénario "Bas")
-3
00
00
0
70
0
LEGENDE
Suivi de milieux sensibles d'intérêt patrimonial
Suivi des activités développées sur les RA
Suivi des pêches
Suivi de la faune et de la flore fixée
Suivi ichtyologique
Suivi de l'évolution physique des structures immergées (3D)
Suivi de la structure et la qualité des fonds

Date de dernière mise à jour : Dim 02 Fév 2014